Les neurosciences dans la loi de bioéthique

Publié le 31 Mar, 2008

D’après la conclusion d’une audition publique organisée, le 26 mars, à l’Assemblée nationale, par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, la prochaine loi de bioéthique, programmée pour 2009, devra prendre en compte les progrès des neurosciences et l’exploration de plus en plus fine du cerveau. Ces thèmes n’avaient pas été pris en compte dans les deux premières lois de bioéthique.

 

Avec l’exploration des mécanismes cérébraux qui sous-tendent la mémoire, les pensées, les émotions et les comportements, un continent se révèle”, explique Allain Clayes (député PS) l’un des animateurs de l’audition. “Or les possibilités d’intervention sur le système nerveux sont aujourd’hui multiples, que ce soit avec des molécules ou des procédés plus ou moins invasifs comme l’imagerie cérébrale, la stimulation magnétique transcrânienne, les implants ou les neuroprothèses”.

 

De nouvelles questions portant sur l’interprétation des images fonctionnelles cérébrales mais aussi sur le dépistage des dysfonctionnements et des affections neuropsychiatriques vont donc voir le jour. Peut-être, un jour, pourra-t-on intervenir sur le cerveau pour améliorer les performances physiques ou intellectuelles et produire ainsi des êtres humains “améliorés”, note Le Monde.

 

L‘une des questions posées par les neurosciences est celle des personnes dans le coma. Cela concernerait environ 34 000 personnes en France. On sait maintenant, grâce à l’imagerie, que des récits verbaux évoquant des évènements majeurs de la vie de la personne induisent des réponses fonctionnelles, y compris dans les états végétatifs chroniques. Cela complique la décision d’interrompre des soins.

 

Il faudra aussi parler de l’usage qui pourra être fait des associations entre les cartes fonctionnelles de l’activité cérébrale et certains caractères individuels comme l’agressivité, l’impulsivité ou la violence. Les gouvernements recherchent de plus en plus des indicateurs biologiques de dangerosité de l’individu, explique Hervé Chneiweiss (Inserm, Centre de psychiatrie et neurosciences, Paris). Que faire par exemple, dans le cadre de la loi sur la rétention de sûreté des criminels sexuels, “lorsque l’imagerie révèle  une faible capacité de l’individu à maîtriser des pulsions violentes ou une propension à réagir de façon inappropriée à une stimulation sexuelle ?”.

Le Monde (Jean-Yves Nau) 29/03/08 – Le Quotidien du Médecin (Vincent Bargoin) 01/04/08 – Sénat.fr 01/04/08 – MedHyg.ch (Jean-Yves Nau) 03/04/08

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