Les greffes en baisse 2020, excepté pour le protocole Maastricht 3

Publié le : 12 février 2021

L’Agence de Biomédecine a présenté jeudi son bilan annuel concernant l’ « activité de greffe » 2020 en France : 4 417 greffes ont été réalisées, contre 5 901 en 2019. Une diminution de 25% expliquée par l’épidémie de Covid-19 : « risques nouveaux pour les patients », « mise en tension des services hospitaliers », mise à l’écart de donneurs potentiels. Seules les greffes « ultra urgentes » se sont poursuivies pendant le premier confinement (cœur, foie, poumon). L’Agence note également la diminution du nombre de donneurs en état de mort encéphalique recensés et prélevés (-15,3%), avec la diminution des accidents de la route ou des AVC à l’hôpital, le confinement, ou les infections COVID contre indiquant alors le prélèvement et la greffe. Une baisse également observée dans les autres pays européens[1], note Emmanuelle Cortot Boucher, directrice générale de l’Agence. Toutefois « la sécurité des greffes n’a jamais été abaissée », rassure-t-elle, la fréquence des décès ou complications un mois après une greffe étant restée stable entre 2019 et 2020.

Pour 2021, l’Agence ne donne pas d’objectifs chiffrés « eu égard à l’incertitude de la situation épidémique », mais « entend continuer la promotion des prélèvements sur personnes décédées après arrêt cardiaque (protocole Maastricht 3) » (cf. Le « dilemne éthique assumé » du don d’organes sur donneurs décédés après arrêt des thérapeutiques actives). Ces dernières sont la « source la plus dynamique de greffons », révèle la directrice de l’Agence : « 424 patients ont été prélevés ainsi en 2020, contre 393 en 2019 (+ 7,8 %) ». L’Académie de médecine suggère « d’élargir ce protocole à la greffe cardiaque » (cf. Transplantation cardiaque : l’Académie de médecine recommande des « évolutions »). Pour l’heure, l’Agence a pour but de « passer à 45 centres labellisés [pour ce protocole] (contre 41 aujourd’hui) ».

Enfin, le taux d’opposition a atteint 33% en 2020, contre 30,5% en 2019 (+2,5%). Un fait sur lequel l’Agence entend « agir » en 2021, en commençant par « une enquête pour mieux connaitre les motivations » d’un refus (cf. Don d’organes : opportunité ou opportunisme ?).

[1] « En Espagne, considérée comme la championne européenne de la transplantation, la diminution a été de 40 %. La Grande-Bretagne souffre d’une baisse aussi importante, tandis que certains centres britanniques n’ont pas encore pu reprendre leur activité. L’Italie et l’Allemagne observent des évolutions d’une ampleur comparable à la France ».

Sources : Hospimedia, Pia Hemery (11/02/2021) ; JIM, Aurélie Haroche (11/02/2021) ; le Quotidien du médecin, Coline Garré (11/02/021) – Photo : iStock

 

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