Les embryons chimériques dans le projet de loi bioéthique

Publié le : 27 janvier 2021

Le projet de loi bioéthique prévoit d’autoriser la mise au point de chimères animal-homme (cf. Les embryons chimériques à l’heure de la révision de la loi de bioéthique) : « Un embryon de souris, de lapin ou de porc pourra se voir ajouter in vitro des cellules embryonnaires humaines, avant d’être implanté in vivo et mené à terme ». Si la commission bioéthique des sénateurs a supprimé cette disposition la semaine dernière (cf. Loi de bioéthique au Sénat : sauver les meubles ?), la volonté du gouvernement est bien de légaliser ces expériences. Le magazine Famille chrétienne s’interroge sur le sujet, « absent des médias et ignoré du grand public jusqu’à une date récente».

Pour les chercheurs français déjà autorisés à travailler sur des cellules souches embryonnaires humaines (CSEh), « l’objectif est de mettre des cellules [souches embryonnaires] humaines dans un embryon animal et de voir comment ces cellules vont être capables de se différencier ». Leur rengaine : « mieux connaitre le développement embryonnaire ». Ils pratiquent d’ores et déjà la création de chimères animal-homme en laboratoire, s’appuyant « sur une sorte de vide juridique » et utilisant des cellules souches pluripotentes induites (iPS) [1].

Le second objectif de ces recherches est la production d’organes humains dans un animal, en vue de les transplanter chez l’homme. « Les problèmes techniques rencontrés par les chercheurs sont nombreux et les résultats pour l’heure peu concluants », mais certains « continuent d’y croire » (cf. Le Japon autorise la première expérience de chimères animaux-humains).

Ces recherches posent des problèmes éthiques : la destruction d’embryons humains si les expériences sont menées avec des CSEh, et la « confusion entre l’homme et l’animal » avec la question du « seuil d’humanisation des embryons animaux ». Monseigneur Jacques Suaudeau parle ainsi du « risque que ces cellules souches humaines injectées dans l’embryon s’échappent de la zone dans laquelle elles doivent se développer pour y produire un organe déterminé, et qu’elles aillent coloniser d’autres organes chez l’animal. Si ces cellules vont se loger dans le cerveau de l’animal ou dans la lignée germinale qui donne les cellules sexuelles, il y a un risque d’humanisation de l’animal que l’on ne veut absolument pas courir ». Et « tant qu’il y a un risque, la prudence commande de s’abstenir » conclut-il. Il émet également des réserves sur une « opération qui exprime une relativisation philosophique, anthropologique, morale, de la spécificité de l’humain par rapport à l’animal ».

[1] Une possibilité qui leur serait interdite si le texte modifié par la commission bioéthique du Sénat en deuxième lecture est adopté.

Source : Famille Chrétienne n°2246 – Photo: iStock

 

 

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