Les directives anticipées, un « outil de dialogue » entre malade et médecin ?

Publié le : 25 février 2016

L’espace éthique de la FHF[1], animé par le Professeur Régis Aubry[2], qui regroupe une douzaine de professionnels hospitaliers, vient de publier son avis sur les directives anticipées (DA). Il a été présenté au CA de la FHF en janvier dernier.

 

Les directives anticipées ont fait l’objet de débats parlementaires lors de la discussion sur la proposition de loi Claeys-Leonetti votée le 27 janvier dernier (cf. Les députés et les sénateurs adoptent définitivement la loi fin de vie et font entrer dans le droit « la logique euthanasique »). Avec cette loi, les directives anticipées deviennent « contraignantes », c’est-à-dire qu’elles « s’imposent au médecin sauf s’il est en mesure de justifier par écrit pourquoi il ne les applique pas ». L’avis de la FHF est mitigé : à la fois « outil de dialogue » potentiel entre le patient et le médecin, les directives anticipées mal comprises pourraient être rédigées de façon « inadéquate ».

 

Alors que « les textes d’application de la loi vont être prochainement discutés », l’avis pointe le « manque de temps, le manque de disponibilité, le manque de formation du médecin à la communication en situation complexe » qui risquent de « conduire à un dévoiement de l’outil potentiel que sont les DA », qui doivent être « issues d’un cheminement progressif et partagé ».

« L’acceptation ou le refus éclairé par la personne malade des propositions du médecin constitue le contenu attendu des DA ». La complexité réside tout d’abord dans la communication entre médecin et patient : « Il s’agit d’arriver à ce que les deux protagonistes principaux (…) parviennent à aborder ce que ni l’un ni l’autre ne souhaitent : l’inefficacité des traitements et la perspective de la fin de la vie et de la mort ». Par ailleurs l’avis souligne aussi que « l’on ne peut pas être certain qu’au moment où l’on mobilise les DA (…) celles-ci correspondent encore réellement à la volonté de la personne ».

 

L’avis recommande donc de créer un « dispositif d’accompagnement pour l’élaboration des DA », laissant au patient le « temps de cheminer à son rythme », ainsi qu’une délibération collective pour « aborder cette difficile question de la décision pour autrui ». Sans cela « peu de professionnels soutiendront le dispositif et peu de personnes écriront des DA ».

 

 

[1] Fédération hospitalière de France.

[2] Chef de service du département douleur et soins palliatifs du CHU de Besançon et membre du Comité consultatif national d’éthique.

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