Les conséquences des grossesses interrompues

Publié le 21 Déc, 2007

Valeurs Actuelles revient sur le livre de Stéphane Clerget, Quel âge aurait-il aujourd’hui ?*, qui rend compte des souffrances occasionnées par les interruptions de grossesses, volontaires ou non (cf. Lettre mensuelle de décembre 2007). Chaque année, 200 000 femmes subissent une fausse couche et plus de 200 000 recourent à l’avortement. Et, quand un handicap est dépisté au cours d’une amniocentèse ou d’un diagnostic prénatal (DPN), une interruption médicale de grossesse (IMG) est pratiquée dans 95% des cas.

Pour ce pédopsychiatre, qui ne se réclame d’aucune idéologie "anti" ou "pro" avortement, "il est temps de reconnaître que la perte d’un enfant à naître, quelles qu’en soient les modalités de départ, est un facteur potentiel de souffrances et de troubles, à moyen et à long terme, chez une femme, mais aussi dans le couple et l’ensemble de la famille, présente et à venir".

Le but de ce livre est de "soulager d’une souffrance indicible les femmes concernées". Selon Stéphane Clerget, les femmes ne parlent pas de leurs blessures liées à une interruption de grossesse, d’autant que "le corps médical et les médias ont intégré le tabou". L’affliction des pères et des autres enfants est aussi passée sous silence. Ceci est encore plus vrai dans le cas d’un avortement : "c’est un sujet idéologique, quiconque ose l’aborder est suspecté d’être anti-avortement".

"Elles sont nombreuses à vivre dans la tristesse ou la culpabilité, d’autant plus que les progrès médicaux permettent très tôt de voir vivre l’embryon puis le fœtus. Il est paradoxal que notre société s’intéresse autant à la vie avant la naissance et fasse un tel silence autour des grossesses interrompues", poursuit-il. Son livre est un appel à briser ce silence, pour que les médias s’emparent de ce sujet, que l’on propose une consultation psychologique y compris après une fausse couche ou encore que des rituels de deuil soient possibles… "C’est une reconnaissance sociale élargie qui est nécessaire pour éviter que des souffrances bien réelles continuent d’être niées et prévenir les conséquences sur le couple et les enfants."

Rappelons à ce sujet, la sortie du livre du Docteur Florence Allard et de Jean-Régis Froppo : Le traumatisme post-avortement, aux éditions Salvator.

*Quel âge aurait-il aujourd’hui ? – La tabou des grossesses interrompues de Stéphane Clerget, Ed. Fayard, 312 pages

Valeurs Actuelles (Bénédicte Fournier) 21/12/07 –

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