‘Les clones humains seront-ils des personnes ? ”

Publié le 12 Déc, 2007
Dans un article intitulé “Les clones humains seront-ils des personnes ? “, Jean-Yves Nau analyse l’actualité en matière de clonage. Il souligne la concomitance entre “l’étrange prise de position d’une institution dépendant des Nations-Unis concernant la nécessaire protection des futurs êtres humains obtenus à partir de la technique du clonage” et “l’annonce de la création, par l’homme, d’embryons de macaques rhésus clonés”.

 

Jean-Yves Nau met l’accent sur les deux principales conclusions issues du rapport rédigé sous la responsabilité de l’Institut des recherches avancées de l’Université des Nations-Unis (Yokohama) :

 

– la communauté internationale devrait parvenir à un accord bannissant la mise en œuvre de la technique du clonage à visée reproductrice dans l’espèce humaine ;
– il est nécessaire de mettre en place, au niveau international, les outils juridiques indispensables à la protection des futurs clones humains.

 

La récente annonce de clonage d’embryons de primates créés à partir de transfert de noyaux (cf. Synthèse de presse du 16/11/07) a relancé le débat sur le clonage humain et le statut du clone.

 

Pour Brendam Tobin du Centre irlandais pour les droits de l’homme (Université Nationale d’Irlande) et coauteur du rapport :“l’échec de l’ONU à rendre illégal le clonage reproductif dans l’espèce humaine signifie qu’il s’agit seulement d’une question de temps avant que des clones humains ne voient le jour et se multiplient en raison des avancées de la recherche (…)”. Il recommande “une interdiction mondiale, avec force de loi, de créer un clone humain, couplée de l’autorisation de recherche contrôlée sur le clonage à visée thérapeutique”.

 

Pour Jean-Claude Ameisen, président du comité d’éthique de l’Institut national français de la santé et de la recherche médicale (Inserm) : “(…) Le problème auquel nous allons être confrontés avec de plus en plus d’insistance est bien celui du choix que nous devons faire vis-à-vis de cette possibilité” de clonage humain.

 

Le journaliste s’interroge sur la frontière entre le non-humain et l’humain et quel statut donner au clone : “Qu’en sera-t-il, demain ou après-demain, des êtres humains créés par clonage ? Qu’en sera-t-il des hybrides obtenus par transfert de noyaux de cellules somatiques  humaines dans des ovocytes énuclées de guenons humanoïdes ? Ou des hybrides obtenus par la voie inverse ? Les qualifiera-t-on de sous-hommes avec toutes les conséquences que l’on peut d’ores et déjà imaginer ?(…)”.
Parallèlement à ce débat, Jean-Yves Nau constate la montée d’“un douloureux questionnement, celui de la définition de l’humain”.

 

NDLR : Le 18 février 2005, l’ONU adoptait au terme de deux années de vifs débats une Résolution contre toute forme de clonage humain ainsi que l’interdiction de la recherche sur les cellules souches embryonnaires (cf synthèse de presse du 21/02/05). Lors de ces débats, la France demandait comme l’Angleterre, une interdiction du seul clonage humain reproductif et demandait d’autoriser le clonage dit “thérapeutique”. Mais la majorité des pays avaient fait valoir que le clonage humain est toujours la création d’un être humain et qu’il fallait donc l’interdire quelque soit le but poursuivi, que ce soit pour produire des embryons pour la recherche (clonage dit “thérapeutique”) ou que ce soit pour laisser l’embryon se développer jusqu’à la naissance. L’interdiction mondiale du clonage humain existe donc déjà. Cette nouvelle résolution viserait donc à limiter l’interdiction déjà formulée pour autoriser le clonage de recherche (dit “thérapeutique”).

www.medhyg.ch (Jean-Yves Nau) 30/11/07 et 07/12/07

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