Les bébés parfaits, une science fiction?

Publié le : 5 juillet 2013

 Un monde dans lequel n’existerait que des êtres humains parfaits, ou encore des clones, n’est peut être pas de la science fiction. Car les hommes pourraient en venir réellement à sélectionner les traits et aptitudes de leur progéniture dans un catalogue afin de leur donner les meilleures chances. Cette maîtrise de l’homme du début de la vie sans tenir compte des considérations morales, c’ est « pour demain, et on fonce les yeux fermés » révèle un article de Rue 89 publié le 3 juillet. En effet, « toutes les techniques permettant  la réalisation de ce monde sont devenues – ou en passe de devenir – réelles« . Cela s’appelle la génomique ou « étude du génome des organismes vivants« , une science extrêmement lucrative: près de « 1000 milliards par an dans l’économie mondiale d’ici 2025« .

 

Cette pratique aboutirait, tout d’abord à une discrimination terrifiante : « Aux plus riches les enfants les plus beaux, intelligents et résistants, laissant sur le bas-côté l’autre humanité, affreusement normale et naturelle« , et ensuite à un véritable eugénisme. En effet, on apprenait il y a quelques mois qu’une société chinoise, BGI Shenzen, « aurait collecté des échantillons d’ADN de 2000 des personnes les plus ‘intelligentes’ de la planète« . Dans quel but? « identifier les gènes et interactions génétiques qui déterminent les performances de l’intellect et, à terme, faire gagner 5 à 15 point de QI à chaque génération de citoyens chinois« . L’eugénisme ne fait aucun doute, puisque la méthode utilisée ici, sans modifier l’embryon, « identifie le plus ‘performant’ grâce à un diagnostic préimplantatoire  après fécondation in vitro« , supprimant les enfants ayant un QI trop faible ou qui ne seraient pas dans la moyenne.

 

L’autre récente technique consiste au séquençage du génome d’un foetus au cours de la grossesse, sans lui porter atteinte. [Aujourd’hui, cette technique est utilisée pour l’instant pour diagnostiquer la trisomie 21 (diagnostic prénatal non invasif) : ndlr]. Encore une fois, la visée est eugéniste puisqu’elle a pour objectif de « diagnostiquer les maladies génétiques graves, pour interrompre la grossesse« . 
Toute la question est donc de savoir « où placer la limite [dans la mesure où] les chercheurs identifient toujours plus de marqueurs génétiques responsables de certains troubles« . 

 

<p> Rue89.com (Philippe Vion-Dutry) 03/07/2013</p>

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