L’embryon victime de lubies et de lobbies

Publié le : 8 février 2011

Dans une tribune publiée dans La Croix, Jean- Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, a déclaré ne compter que sur "l’indépendance de la représentation nationale" pour "faire toute la lumière sur l’argument financier qui, par déduction, reste l’explication inavouée conduisant à réclamer un assouplissement des conditions de la recherche sur l’embryon, alors que – scientifiquement – il n’a jamais été moins nécessaire qu’aujourd’hui de céder à cette tentation".

L’embryon humain est victime de lubies : celles qui font croire que la recherche sur les cellules embryonnaires permettra le développement de la thérapie cellulaire. Les scientifiques eux-mêmes y croient si peu qu’après avoir demandé en 2004 l’autorisation de la recherche sur l’embryon dans la perspective de "progrès thérapeutiques majeurs", ils "exigent aujourd’hui le retrait du mot ‘thérapeutique’". Par ailleurs, le rapport de la mission parlementaire sur la bioéthique révèle que, même en 2004, personne ne croyait à ces perspectives thérapeutiques : "C’était idiot parce qu’on savait que ça n’avait pas de réalité", "Les scientifiques, pour nous pousser, disaient qu’ils étaient presque prêts". Jean-Marie Le Méné montre qu’il s’agissait "d’obtenir une faille dans le principe de respect de l’embryon humain et d’entrouvrir la porte de son exploitation à des fins mercantiles." "Les partisans de la recherche sur l’embryon ont volontairement circonvenu la représentation nationale."

En effet, les seuls à réclamer la recherche sur l’embryon ne sont pas les associations de malades ou les parents désirant un enfant, mais le marché de la fécondation in vitro et de l’industrie pharmaceutique. "Pour améliorer les performances de la procréation assistée comme pour tester la toxicité des nouveaux produits, il faut pouvoir ‘consommer’ de l’embryon", d’autant que les embryons des grands singes, qui pourraient constituer une alternative, sont, eux, protégés.

Jean-Marie Le Méné note enfin que l’on méconnaît volontairement les applications de la découverte des cellules iPS, découvertes en 2006. Or, "si on ne connaît pas encore ce que nous réservent les iPS en clinique, en revanche on sait qu’elles sont capables de répondre aux besoins de modélisation de pathologies que recherchent légitimement les industriels du médicament, qu’elles sont beaucoup plus accessibles que les cellules embryonnaires et n’entraînent aucun dommage éthique".
 

La Croix 08/02/11

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