Le texte autorisant la recherche sur l’embryon: suspens et protestation

Publié le : 27 mars 2013

 Demain, jeudi 28 mars, l’Assemblée nationale examinera la proposition de loi des radicaux de gauche qui autorise la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Seulement « deux ans après avoir décidé à l’issue de débats enflammés d’en rester à une interdiction avec dérogation« . Ce nouveau texte autoriserait par principe la recherche sur l’embryon à quatre conditions : un projet « scientifiquement pertinent« , présentant « une finalité médicale« , ne « pouvant être conduit qu’avec des embryons » et « respecter des garanties éthiques« . 

 

Plusieurs réactions sont à signaler. Monseigneur d’Ornellas, archevêque de Rennes, rappelle, dans Le Figaro « le primat de l’humain« : « l’embryon partage notre humanité. C’est pourquoi, nous devons le respecter et, en raison de son extrême vulnérabilité, le protéger« . 

 

Sur le plan politique, le président du groupe radical de gauche, M. Roger-Gérard Schwartzenberg, note avec anxiété « une avalenche d’amendements déposés notamment par l’UMP [qui] pourrait empêcher de conclure le débat parlementaire« . 
Jean-Christophe Lagarde, porte-parole du groupe UDI (Union des démocrates et indépendants) « en a appelé au gouvernement » pour que la proposition de loi soit rejetée. Il affirme que ce texte est « quelque chose de grave« , et souligne que « traditionnellement, chaque fois qu’il y a eu des lois de bioéthique, on a d’abord saisi le Comité national d’éthique. Dans ce cas précis, le comité n’a même pas été saisi (…). Nous en appelons au gouvernement pour que cette proposition soit rejetée« . Il a ajouté: « si le gouvernement veut faire évoluer la législation en ce domaine, il faut adopter la même méthode: on essaye d’abord de rassembler sur le sujet. Et ce n’est sûrement pas une proposition sans étude d’impact, sans l’avis du Comité d’éthique et qui, a fortiori, ne semble pas répondre aux besoins de la majorité des scientfiques, qui peut transformer la législation française dans ce domaine » a-t-il conclu. 

 

Le député Jean-Léonetti, ancien rapporteur de la loi de bioéthique de 2011 a lui aussi effectué une mise en garde: « Attention à ne pas céder au moins disant éthique au nom du mieux disant scientifique et de la performance. […] Ce n’est pas parce que certaines pratiques ont cours dans certains pays qu’on doit les autoriser chez nous« . 

 

Dernièrement, lors d’une conférence de presse, plusieurs députés avaient dénoncé l’absence de débat et une adoption du texte « en catimini » (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 21 mars 2013). Ils expliquent « que cette loi n’est plus utile car les cellules iPS (reprogrammées) peuvent remplacer les cellules embryonnaires« . 

 

<p> AFP 26/03/2013 - La Croix 27/03/2013 - Romandie.com 26/03/2013 - Le Figaro (Monseigneur Pierre d'Ornellas) 27/03/2013</p>

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