Le succès de la Marche pour la Vie

Publié le : 20 janvier 2014

 Le collectif En marche pour la vie annonce des chiffres « record » pour sa 9e Marche pour la vie qui a eu lieu dimanche 19 janvier à Paris. Entre 16 000 (selon la police) et 40 000 personnes (selon les organisateurs) ont défilé pour saluer les évolutions espagnoles et dénoncer les régressions françaises en matière de libéralisation de l’avortement.

 

Le succès de cette année s’explique par l’actualité politique. « Les partisans étaient d’autant plus déterminés cette année que l’actualité politique et sociétale des derniers mois sur les sujets famille et bioéthique a été forte : loi taubira, PMA-GPA, recherche sur l’embryon humain, euthanasie, théorie du genre…  » . C’est aussi et surtout le fait du projet de loi, débattu aujourd’hui à l’Assemblée, portant sur l’égalité entre les femmes et les hommes, et dont deux amendements font polémique. Le premier, sur la suppression de la notion de détresse qui aura pour conséquence, selon Cécile Edel, présidente du collectif Choisir la Vie, de conduire à la « banalisation totale de l’avortement et [à] une dénégation du droit à la vie inscrite dans le code civil ». Le deuxième, sur l’extension du délit d’entrave de l’IVG à l’information, passible de 2 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende, qui menace la liberté d’expression. « La notion d’exception, au fondement de la législation en 1975, tend à disparaître. Dès la loi de 2001, le délai de l’IVG est passé de 10 à 12 semaines de grossesse et l’ ‘entretien psycho-social’, a perdu son caractère obligatoire pour les personnes majeures. Quant aux mineures, elles peuvent, depuis lors recourir à l’avortement sans autorisation parentale ».  

 

La Marche pour la Vie était cette année « aux couleurs de l’ Espagne » et comptait dans ses rangs des personnalités politiques en deçà des Pyrénées. Par exemple, Luis Péral, sénateur et secrétaire général de l’association Famille et dignité humaine. Interviewé sur les évènements en Espagne, il déclare que « [leur] loi est progressiste. Elle défend le droit à vivre. Le droit d’avorter, lui, n’existe pas ». La restriction de l’avortement était de plus une promesse de campagne de Rajoy. D’autres personnalités, comme José Eugenio Azpiroz Villar et Javier Puente, députés du parti populaire, ou encore Benigno Blanco, ancien secrétaire d’Etat du gouvernement Aznar étaient présents. Les intervenants pendant la Marche se sont félicités de l’initiative « avant-gardiste » du gouvernement espagnol.

 

Dans son communiqué, le collectif fait part de ces revendications :
« – Le retrait des amendements ajoutés en catimini dans le projet de loi sur l’égalité entre les femmes et les hommes examiné à l’Assemblée dès le 20 janvier et qui ont pour objet de supprimer l’état de détresse comme condition pour avorter et d’étendre le délit d’entrave à l’avortement.
– L’arrêt des pratiques discriminatoires de sélection prénatale particulièrement développées en France s’agissant des enfants atteints de trisomie 21.
– La prise en compte par les pouvoirs publics de la réalité du drame de l’avortement et la mise en place d’une véritable politique d’aide aux femmes enceintes en difficulté qui souhaitent poursuivre leur grossesse. »

 

Les participants de la Marche pour la Vie ont reçu, par la voix de Mgr Luigi Ventura, nonce apostolique, le soutien du Pape François, à quelques jours de sa rencontre avec le président François Hollande. 

<p> Le Figaro (Delphine de Mallevoüe) 20/01/2014 - La Croix (Marine Lamoureux) 20/01/2014 - Libération (Didier Arnaud et Laurence Defraoux) 19/01/2014</p>

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