Le sexisme envers les filles, « un problème d’ampleur nationale » en Inde

Publié le : 11 avril 2013

 En Inde, les femmes subissent une véritable discrimination que ce soit au travail ou à la maison, et « les avortements comme les infanticides deviennent un problème d’ampleur nationale« . Ainsi, « les Nations unies estiment à environ 500 000 chaque année le nombre d’interruption volontaire de grossesse [IVG] destinées à éviter la naissance d’une fille« , des avortements « pratiqués en cachette et dans des conditions douteuses par des médecins peu scrupuleux. Et les infanticides sont dramatiquement fréquents« . 

 

Selon la journaliste, « cette discrimination prénatale et postnatale s’est accrue dès que les femmes ont eu accès à des méthodes permettant d’identifier le sexe de l’enfant, menant ainsi à de nombreux avortements« . Et une étude menée par l’ONG Action Women of India à New Delhi a révélé que cette pratique se retrouvait dans toutes les classes indiennes et « que même les femmes les plus éduquées pouvaient passer par plus de huit avortements pour s’assurer de donner naissance à un garçon« . 

Pourtant, une loi de 1994 sur les techniques de diagnostics prénataux « interdit d’utiliser les tests déterminant le sexe de l’enfant à naître pour décider d’un avortement« , et le 4 mai 2001, la Cour suprême de l’Inde a pris une directive pour que cette loi de 1994 soit respectée. En outre, « le gouvernement a […] tenté de lancer le Conditional Cash Scheme (allocation conditionné au sexe de l’enfant)« , grâce auquel « chaque fille nouveau-née enregistrée recevra 5000 roupies ». Cependant, la corruption présente au sein du gouvernement et de la police met en échec ces initiatives des autorités publiques: « ceux qui enfreignent la loi [parviennent] souvent à échapper aux tribunaux, tandis que nombre de médecins et de cliniques pratiquent secrètement les tests de détermination du sexe contre rémunération« . 

 

Parallèlement, les institutions religieuses essayent d’agir. Ainsi, »certains temples placent désormais des berceaux devant leurs portes afin que ceux qui refusent leur fille puissent y déposer l’enfant, plutôt que de l’abandonner ou de le tuer« . 

<p> Le Figaro (Christine Nayagam) 11/04/2013</p>

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