Le rôle du scientifique dans la réflexion éthique

Publié le : 18 mars 2002

Dans une interview au journal La Croix, Axel Kahn revient sur les différents sujets d’actualité en matière de bioéthique et précise le rôle du scientifique dans la réflexion éthique.

Revenant sur la question du clonage, Axel Kahn souligne que son danger est d’ordre moral « Avoir un enfant à la différence d’un clone, c’est accepter qu’advienne une personne autre, un être qui vous est irréductible et que la grande loterie de l’hérédité vous empêche de prédestiner » ajoute t-il. 

Pour le généticien, la seule solution efficace pour lutter contre toute dérive, consiste pour la société à se rendre compte d’un problème et à s’approprier cette question. La loi sur la bioéthique permet donc d’amener la population à toucher du doigt la valeur morale d’une solution.
Interrogé sur la composition des comités d’éthique majoritairement composés de scientifiques, Axel Kahn se déclare « défavorable à ce que la réflexion éthique soit confisquée par les scientifiques ». Il rappelle également que le Comité d’éthique est amené à donner des avis sur les lois à mettre en place mais que ces avis ne font pas office de loi.

Pour que la démocratie puisse prendre en charge les conséquences des recherches des scientifiques, il faut selon Axel Kahn que le rôle de ces derniers se résume en 3 points : d’abord être un bon scientifique, ensuite rendre compte à la société de ses travaux, enfin avertir la société lorsque cela est nécessaire. Si la science n’a pas à déterminer de valeurs morales, le scientifique, lui, a un rôle de témoin et de citoyen dans le débat qui le concerne.

<p>La Croix 18/03/02</p>

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