Le président de l’ONFV : “Il est temps de parler de la fin de vie”

Publié le 24 Juin, 2012

Dans une tribune du quotidien Libération, publiée vendredi 22 juin 2012, Régis Aubry, Chef du département douleur-soins palliatifs du CHU de Besançon et président de l’Observatoire national de la fin de vie (ONFV), précise qu’ "il est essentiel [qu’un débat sur la fin de vie] ait lieu".
L’ONFV a notamment "pour mission de produire des données fiables sur les conditions de la fin de vie en France".
Tout en constatant que la médecine a permis de "formidables progrès ces cinquante dernières années dans le champ de la santé", Régis Aubry précise cependant que "l’ampleur des conséquences induites" par ces progrès a "sans doute été mal mesurée".  Ainsi, selon le président de l’ONFV, "par certains aspects, la médecine en est parvenue à privilégier de manière parfois déraisonnable la recherche de la survie, au détriment de la qualité de vie", ajoutant que cela s’est "bien souvent [fait] au risque d’une forme d’acharnement thérapeutique".     
Pour Régis Aubry, "la culture médicale n’est que le reflet grossissant de la façon dont notre société envisage la maladie, la vieillesse et la mort". Il ajoute qu’il faut être "très rigoureux dans la façon dont nous abordons […] les questions de la fin de vie", puisque "nous sommes dans un contexte économique difficile où celui qui ne produit plus pourrait être perçu comme une charge, et dans un monde où la fin de vie est vécue par beaucoup comme une mise en échec de la médecine". Pour le président de l’ONFV, le débat sur la fin de vie inclut la question de "l’euthanasie" mais aussi "les pratiques d’acharnement thérapeutiques, l’insuffisante prise en compte de la douleur dans les hôpitaux, le coût du maintien à domicile pour les patients ou l’égalité d’accès aux soins palliatifs".
Enfin, Régis Aubry dénonce "les chiffres spectaculaires [issus des sondages qui] créent l’illusion, au sein de la société, qu’une question aussi complexe que celle de l’euthanasie  pourrait être résolue sans que l’on sache réellement ce qui se cache derrière ce terme mal défini", alors qu’ils "ne reposent sur aucune étude sérieuse".     
Ainsi, il précise que l’Institut national d’études démographiques "s’apprête à publier, d’ici à l’automne, une étude menée avec le concours de l’ONFV, portant sur près de 5000 situations de fin de vie". Les résultats de cette étude "permettront pour la première fois de disposer de données fiables pour décrire la réalité des décisions de limitation et d’arrêts des traitements (loi Leonetti) et pour mesurer les pratiques d’euthanasie en France chaque année".     

Pour le président de l’ONFV, il n’est plus possible "de continuer à débattre de questions aussi fondamentales en [s’]appuyant simplement sur des sondages et sur des idées reçues, sans jamais tenter ni d’interroger les personnes les plus concernées ni de connaître précisément la réalité de ce dont [on] parle".

 

Libération 22/06/2012

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