Le potentiel des cellules souches du sang de cordon

Publié le 31 Jan, 2008

Le magazine "Pour la science" consacre un dossier au sang de cordon ombilical. Il rappelle que la première greffe de sang de cordon a été faite il y a près de 20 ans chez un enfant atteint d’une maladie héréditaire rare et mortelle de la moelle osseuse, la maladie de Fanconi.

Auparavant, les malades étaient traités avec une greffe de moelle à partir d’un donneur, à condition qu’il ait le même système de compatibilité tissulaire ou système HLA (Human Leukocyte Antigen). Par ailleurs, par cette technique, il existait un risque de rejet par le greffon.

L‘idée d’utiliser le sang de cordon à la place de la moelle osseuse est venu des travaux de l’équipe de Hal Broxmeyer, de l’Institut Rockefeller à New York, qui cherchait une source de cellules souches hématopoïétiques facilement stockables en cas d’accident nucléaire. Les chercheurs ont alors découvert que le sang de cordon ombilical contenait un très grand nombre de cellules souches du sang. La preuve de leur efficacité a donc été faite pour traiter l’enfant atteint de la maladie de Fanconi. Aujourd’hui, il se porte très bien et mène une vie normale. Cette première greffe a suscité beaucoup d’intérêts et d’interrogations sur les usages potentiels de cette nouvelle source de cellules.

Depuis cette première, 10 000 patients ont bénéficié de ce type de greffe et plus de 250 000 unités de sang sont aujourd’hui stockées dans le monde. Les avantages de ce type de greffe sont nombreux notamment au niveau éthique.

L‘analyse de ces greffes montre qu’une greffe faite à partir d’un sang de cordon non HLA identique donne des résultats aussi bons, voire meilleurs qu’une greffe de moelle prélevée chez un adulte ayant le même système HLA. Par ailleurs, le sang de cordon peut être considéré comme compatible avec tous les receveurs : c’est un sang de "donneur universel". Notons enfin que la greffe de sang de cordon ne demande que 10 millilitres de sang alors qu’il faut 1 litre de sang issu de la moelle.

Il existe actuellement 2 types de banques de sang de cordon : les banques allogéniques (le donneur est différent du patient) et les banques autologues où le stockage est réalisé pour le propre usage de l’enfant. Dans le premier, le don est gratuit, altruiste et anonyme. Dans le second cas, il s’agit d’un usage privé. Il est cependant possible de partager le sang de cordon entre la banque autologue (20%) et la banque allogénique (80%).

En 1995, le réseau Netcord a été créé entre des banques de sang de cordon. Il établit les standards, réalise des contrôles de la qualité des prélèvements et recherche de nouveaux donneurs. Eurocord, créé aussi à cette époque, est responsable du volet clinique.

La France a pris du retard dans le développement des banques de sang de cordon. 2 banques sont implantées à Bordeaux et Besançon. Deux autres ouvriront bientôt à Paris et à Marseille. Une trentaine de centres pratiquent les transplantations.

Enfin, rappelons que ces cellules souches de sang de cordon sont totipotentes et ont un potentiel de différenciation quasi illimité. On peut donc les utiliser aussi en médecine régénérative  pour remplacer des cellules malades de l’organisme.

Pour la science (Eliane Gluckman) – Février 08

Partager cet article

Synthèses de presse

01bis_embryon

Etats-Unis : trois souriceaux nés d’une cellule de peau

Dirigé par Shoukrat Mitalipov, des chercheurs ont fait naitre des souriceaux à partir d'une cellule de peau et d'un ovocyte ...
02_fin_de_vie_soins_palliatifs
/ Fin de vie

Sédation palliative : une nouvelle directive aux Pays-Bas

En juin 2022, la KNMG et l’IKNL ont publié une révision de la directive relative à la sédation palliative ...
Maladies cardiaques : 36 millions d’euros pour un traitement CRISPR
/ Génome

Maladies cardiaques : 36 millions d’euros pour un traitement CRISPR

Une équipe internationale vient de remporter le Big Beat Challenge, pour son projet de thérapie génique visant les maladies cardiaques ...

Textes officiels

Fiches Pratiques

Bibliographie

Lettres