Le centre de génétique et d’affaires sociales de l’Université Johns Hopkins (Washington) vient de publier dans la revue Fertility and Sterility de la Société américaine de médecine reproductive une étude sur la pratique du diagnostic préimplantatoire (DPI). Cette étude a été menée auprès de 415 cliniques, parmi lesquelles 190 ont répondu.
En 2005, aux Etats-Unis, environ une fécondation in vitro (FIV) sur 20 s’est faite dans le cadre du DPI.
23 % des cliniques interrogées disent proposer un DPI pour faire naître un "bébé médicament", c’est à dire un enfant dont le système immunitaire est compatible avec celui d’un frère ou d’une soeur malade, afin de prélever sur lui à la naissance les tissus ou cellules nécessaires pour guérir l’aîné. En réalité 1 % des DPI sont pratiqués dans ce but.
42 % des établissements qui proposent un DPI disent l’avoir pratiqué pour des raisons non médicales. Près de 50 % d’entre eux proposeraient le choix du sexe de l’enfant dans le cas d’un deuxième, troisième ou quatrième enfant. Selon ces résultats, aux Etats-Unis, 9% des DPI réalisés en 2005 l’ont été dans le seul but de choisir le sexe de l’enfant.
Les conclusions de l’étude montrent que de plus en plus d’américains utilisent le DPI comme un moyen d’avoir un "bébé sur mesure" et non plus uniquement un bébé indemne de certaines maladies. Arthur Kaplan, spécialiste d’éthique à l’Université de Pennsylvanie, se dit "troublé" et trouve "choquant" de pratiquer une sélection de l’enfant par le sexe pour des raisons d’équilibre familial.
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nouvelobs.com 21/09/06