L’autoconservation des ovocytes pour convenance personnelle fait débat

Publié le : 15 avril 2013

Dans son supplément Science & Techno, le quotidien Le Monde revient sur le récent débat de l’autoconservation des ovocytes (1) pour convenance personnelle. Le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) s’était en effet déclaré favorable à cette pratique en décembre dernier (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 13/12/2013), suscitant de nombreuses réactions (Cf Synthèse de presse Gènéthique du 08/01/2013), et notamment celles de gynécologues et de médecins de la procréation. 

L’autoconservation des ovocytes pour convenance personnelle ne s’adresserait pas aux femmes de 18 à 25 ans, mais aux femmes de 35 ans qui n’auraient pas encore « exaucé leur désir d’enfant » et dont « les ovaires travaillent encore correctement« . « Un leurre total » pour Pascale Hoffmann, chef de l’unité de médecine de procréation au CHU de Grenoble, qui déplore que ce ne soit pas la société qui s’adapte à l’horloge biologique. 
Le côté financier n’est pas à négliger non plus. Bien que le CNGOF précisait que le financement de l’autoconservation des ovocytes pour convenance personnelle « éviterait à l’assurance-maladie des prises en charges inefficaces de l’infertilité« , le Pr Sylviane Hennebicq, médecin biologiste au CECOS de Grenoble, ne voit derrière ce positionnement « qu’ ‘un lobbying des centres de FIV privés’ « . Car si cette pratique était légalisée, elle ne serait pas gérée dans les hôpitaux publics qui n’en auraient pas les moyens, « ni prise en charge par la Sécurité sociale ‘qui ne pourrait pas rembourser sur indications sociétales« . Il s’agirait d »un commerce lucratif des cliniques privées pour femmes aisées » renchérit le Pr Hennebicq médecin biologiste au CECOS de Grenoble. 

La journaliste rappelle en outre que l’autoconservation des ovocytes demande des traitements lourds, une efficacité encore incertaine : d’après la dernière étude il faut au moins « huit ovocytes  vitrifiés pour obtenir un taux de naissance de 46%« , soit « huit ovocytes pour qu’une femme sur deux ait un enfant« .
Ainsi, même si la vitrification sociétale était légalisée, des « doutes subsistent quant au nombre de femmes prêtes à franchir le cap sans assusrance de grossesse« .

(1) Pour rappel, la congélation des ovocytes féminins, par vitrification, est une méthode de congélation rapide. En France, elle est « réservée à un cadre médical (dans les cas de cancers notamment) ou pour le don à des couples, composés d’un homme et d’une femme, infertiles« .
 

<p>Le Monde - supplément Science & Techno - (Camille Bordenet) 13/04/15</p>

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