L’Argentine légalise l’avortement

Publié le : 4 janvier 2021

Approuvé le 11 décembre par les députés (cf. Les députés votent la dépénalisation de l’IVG en Argentine), le texte autorisant l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse[1] en Argentine a été adopté par les sénateurs le 30 décembre 2020. Deux ans après s’être opposés à un texte similaire (cf. En Argentine, les sénateurs refusent de légaliser l’avortement), 38 d’entre eux ont voté pour, 29 contre et un sénateur s’est abstenu. Le débat aura duré un peu plus de douze heures.

Le président de centre gauche Alberto Fernandez, qui en avait fait une promesse de campagne, estime « garantir la santé publique » avec l’adoption de cette loi. A l’inverse, le président brésilien, Jair Bolsonaro a déclaré sur twitter que « les « vies des enfants argentins » pourront [désormais] être « fauchées dans le ventre de leur mère » avec « le consentement de l’Etat » ». Il a ajouté : « Tant que cela dépendra de moi ou de mon gouvernement, l’avortement ne sera jamais autorisé sur notre sol. Nous nous battrons toujours pour protéger la vie des innocents ».

« Aujourd’hui, l’Argentine a reculé de plusieurs siècles de civilisation et de respect du droit suprême de la vie » regrette aussi l’Alliance chrétienne des églises évangéliques (Aciera). Les évêques argentins, mobilisés depuis plusieurs mois, déplorent ce vote qui témoigne de l’ « éloignement » des politiques avec le peuple. Car selon « presque tous » les sondages, « la majorité des Argentins sont contre la légalisation de l’avortement » (cf. Mobilisation contre l’avortement en Argentine : un message clair envoyé au pouvoir politique). Toutefois, selon le biographe argentin du pape François, Sergio Rubin, « l’Eglise d’Argentine n’a pas dit son dernier mot : elle encouragera les ONG et les particuliers à déposer des recours dans tout le pays, en faisant appel à la Constitution, à la Convention relative aux droits de l’enfant et au Code civil ». La question de l’avortement « continuera d’être un ‘front ouvert’ notamment en vue des élections législatives et provinciales » prévues en 2021.

En Amérique latine, Cuba, l’Uruguay, le Guyana, la ville de Mexico et l’Etat mexicain de Oaxaca ont déjà dépénalisé l’avortement sans conditions.

[1] « Toutes les femmes de plus de 16 ans (et moins sous conditions) mais aussi les hommes trans, pourront avorter [gratuitement] s’ils en font la demande. Et lorsque des patients exprimeront ce souhait, l’IVG devra être réalisée dans un délai de 10 jours maximum ». Le texte prévoit une clause de conscience pour les professionnels de santé.

Sources : AFP (30/12/2020) ; Valeurs actuelles (31/12/2020) ; Zenit, Anita Bourdin (30/12/2020) ; Le Parisien, Juliette Mansour (30/12/2020) – Photo : Pixabay DR

Add 15/01/2021 : La loi est entrée en vigueur le 14/01/2021. Le président Alberto Fernández, l’a promulguée lors d’une cérémonie au Musée du Bicentenaire de Buenos Aires. (Deutche Welle 14/01/2021)

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