L’appel des représentants religieux pour préserver l' »interdit de tuer »

Publié le : 10 mars 2015

A la veille du débat de la proposition de loi Claeys-Leonetti à l’Assemblée, les représentants des grandes traditions monothéistes ont lancé « un appel commun, inquiet et pressant » pour que « toute vie humaine [soit] respectée spécialement au moment où elle est le plus fragilisée ».

 

Le cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, monseigneur Emmanuel, président de l’assemblée des évêques orthodoxes de France, Haïm Korsia, grand rabbin de France, et Mohammed Moussaoui, président d’honneur du Conseil français du culte musulman, ont rappelé ce principe fondateur énoncé par la Loi Leonetti de 2005 : « Rien ne pourra jamais justifier le droit de donner la mort à un homme ». Cet impératif  reconnu par le Conseil de l’Europe, qui condamne l’euthanasie dans une recommandation adoptée en 1999, constitue un acquis auquel la nouvelle loi ne doit pas renoncer.

 

La loi civile a vocation à être civilisatrice, disent-ils, et « c’est au regard porté sur ses membres les plus fragiles qu’on mesure le degré d’humanisation d’une société ». Les représentants des grandes traditions monothéistes défendent la dignité absolue de toute vie humaine tout au long de celle-ci. Ils interrogent : « L’homme se croit-il en mesure de décerner – pour lui-même ou pour autrui – des brevets d’humanité ? »

 

Par ailleurs, ils mettent en garde contre la « manipulation des concepts » dans le débat sur la fin de vie. Si la sédation est « utile et nécessaire, à titre exceptionnel », dès lors que son objectif premier n’est plus de soulager mais de donner la mort, cela devient une euthanasie. « Quand il est question de vie et de mort, la conscience humaine ne peut être en paix si l’on joue avec les mots. » 

 

Une autre autorité religieuse, la Conférence des évèques de France (CEF), a fait part hier, lors d’une conférence de presse, de ses inquiétudes. Monseigneur d’Ornellas, archevêque de Rennes et chargé des questions de bioéthique pour les évêques de France, a redit l’oppositon de l’Eglise de France à l’euthanasie. Il souhaite « entendre une prise de parole claire contre l’euthanasie » de la part du gouvernement. Monseigneur d’Ornellas et la CEF publient leurs réflexions sur le sujet dans un livre à paraître ces jours-ci Fin de vie, un enjeu de fraternité (Edition Salvator). 

<p>Le Monde 09/03/2015 - Le Figaro (Jean-Marie Guénois) 10/03/2015 - Zenit (Anita Bourdin) 09/03/2015</p>

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