La suppression du Pass contraception en Ile de France créé la polémique

Publié le : 18 avril 2016

Le conseil régional d’Ile de France, présidé par Valérie Pécresse a annoncé vendredi la suppression du « Pass’contraception », « dispositif d’accès gratuit et anonyme des jeunes à des contraceptifs et des tests de dépistage » des infections sexuellement transmissibles[1].  2000 Pass ont été distribués en Ile de France depuis sa mise en place en 2011.

 

Ce « Pass’contraception » est supprimé car « c’est un échec » a déclaré Valérie Pécresse. Pour le financer, 20 000 euros étaient inscrits au budget mais ils ne sont pas dépensés. Elle souhaite proposer « un autre dispositif qui sera plus efficace et plus adapté que celui du Pass, qui a été un échec total, et qui explique son non maintien ». Le Conseil d’Ile de France a d’autre part « relevé à 250 000 euros le budget investissement pour le soutien des centres IVG (contre 95 000 euros dépensé en 2015, pour un budget affiché de 2 millions d’euros » et « à 300 000 euros le budget ‘Campagne information prévention sexualité contraception IVG’  (280 000 dépensés pour 2015, pour un budget voté de 300 000 euros) ».

 

Cette décision a créé une vive polémique. Il s’agit d’« un vrai recul » pour les féministes, particulièrement dans le contexte actuel « où des centres IVG disparaissent, où les Plannings familiaux manquent de ressources, et où les cours d’éducation sexuelle reposent largement sur la bonne volonté des établissements scolaires ». Clémentine Autain déplore pour sa part « une régression majeure pour l’émancipation des Franciliennes ». Le Planning familial est également très critique.

 

Thérèse Hargot, sexologue, pense pour sa part que « c’est une bonne chose, car ce n’est pas en banalisant l’accès à la contraception qu’on réussira à réduire le nombre de grossesse non désirées » mais plutôt en « responsabilisant les jeunes filles et jeunes garçons ».Elle propose de « réfléchir pourquoi si peu de jeunes filles ont utilisé ce pass. Cela signifie que cette proposition ne rencontrait pas une certaine demande. Est-ce que le besoin des jeunes filles est d’avoir accès à la contraception avec un accès totalement libre ? Ou est ce qu’elles aspirent à autre chose ? »  

 

 

[1] « Il s’agit d’un chéquier [remis de manière confidentielles aux 14-25ans] comportant 7 coupons correspondant chacun à une prestation délivrée par un professionnel de santé, pour u suivi médical et la délivrance de tout type de contraceptif pour une durée moyenne d’un an »

<p>Atlantico (16/04/2016) ; AFP (15/04/2016)</p>

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