La science dément les présupposés de la théorie du gender

Publié le : 31 août 2011

La presse se penche largement sur la polémique suscitée par l’introduction d’enseignements directement inspirés de la théorie du gender dans les nouveaux manuels de Sciences de la vie et de la terre (SVT) de la classe de première ES et L (Cf. synthèses de presse du 23/05/11 et du 19/07/11 et Lettre mensuelle d’août 2011).
 
Les tenants de la théorie du gender soutiennent que la différence sexuelle n’est pas biologique mais d’abord socioculturelle. Il n’existerait ainsi selon eux « qu’un être indifférencié sexuellement qui deviendrait homme, femme ou autre chose par la culture » comme le résume le philosophe Yves-Charles Zarka, professeur à la Sorbonne, dans un article publié dans La Croix. Cette théorie contredit la vision héritée des Lumières affirmant corrélativement la différence des sexes et l’égalité des genres. Dans la pensée moderne en effet, « c’est sur le principe d’égalité des genres qu’ont reposé les revendications juridiques (droits civils égaux), politiques (droit de vote) et sociales (égalité de salaire) des femmes par rapport aux hommes. L’égalité des genres suppose donc la différence des sexes« . La vision de l’humain comme être indifférencié véhiculée par le gender est utilisée par les tenants de cette théorie pour contester l’hétérosexualité présentée comme un ordre social contraignant. L’individu « naturellement indifférencié » devrait pouvoir « se choisir tel ou tel librement« . Yves-Charles Zarka fait deux observations pertinentes : loin de représenter une révolte contre un ordre socioculturel contraignant, cette théorie apparaît comme le pur « produit de l’idéologie néolibérale radicale, laquelle a intérêt à donner aux individus l’illusion que leur existence dépend uniquement de leurs désirs« . En outre, l’idéologie du genre se trouve en réalité « parfaitement adaptée à la logique du capitalisme consumériste qui, depuis quelques années, s’est attaquée au corps (…) [lequel] est devenu source de profit considérable selon des dispositifs de valorisation médiatiques biens connus : ‘Vous le valez bien !’ Restez toujours jeunes ! (…) Changez votre corps ! Changez votre visage ! Choisissez votre sexe ! Changez de partenaire !« 

Sur Liberté Politique.com, Pierre-Olivier Arduin rappelle que dès la fécondation, « l’embryon est déterminé génétiquement comme fille ou garçon » par l’association des chromosomes XX ou XY contenus dans le noyau de la première cellule. Les manuels de SVT tendent au contraire à faire croire à l’existence d’un « embryon indifférencié » : « il existe un stade phénotypique indifférencié comportant les mêmes ébauches génitales chez l’embryon mâle et l’embryon femelle« . Or, avant même que les organes génitaux soient formés, « le sexe du zygote est génétiquement programmé« . Par ailleurs, de récentes recherches montrent que les différences observées très tôt entre les garçons et les filles ne sont pas des préjugés socioculturels sans aucun lien avec le sexe biologique de la personne. C’est ce que montre la neurobiologiste américaine Lise Eliot dans un livre évènement qui paraît le 8 septembre 2011, intitulé Cerveau rose, cerveau bleu. Les neurones ont-ils un sexe ?* Le Figaro magazine du 20 août 2011 y a consacré un dossier spécial et en a publié en exclusivité plusieurs extraits. Sans a priori et tout en nuances, Lise Eliot a mené une enquête complète rassemblant les tout derniers travaux scientifiques sur la question, revisitant les vieux débats sur l’inné et l’acquis, la nature et la culture, le biologique et le social. « Oui, garçons et filles sont différents. Ils ont des centres d’intérêt différents, des niveaux d’activité différents, des seuils sensoriels différents, des forces physiques différentes, des styles relationnels différents, des capacités de concentration différentes et des aptitudes intellectuelles différentes !« , explique la neurobiologiste. Ces différences commencent bien dès le ventre de leur mère. Ainsi, par exemple, « les garçons se développent plus vite que les filles, et ce, dès le début de la grossesse. Les médecins spécialistes des fécondations in vitro sont souvent capable de deviner si l’embryon sera mâle ou femelle rien qu’en se basant sur le nombre de divisions cellulaires qui se sont produites en un certain nombre d’heures depuis la fécondation« . Lise Eliot souligne aussi le rôle capital de l’imprégnation d’hormone mâle durant la grossesse qui a un rôle sur le comportement des petits garçons et plus tard des hommes. « Si les corps des garçons grandissent et grossissent plus vite, ceux des filles mûrissent plus rapidement. Et cette différence se traduit par un avantage net en faveur des foetus féminins à la fin de la grossesse. (…) Les filles sont plus capables de relever le défi de la vie en dehors de l’utérus ; les garçons sont davantage vulnérables à tout un éventail de maladies« . Sur le plan physiologique, on naît bien homme ou femme avec des différences déjà repérables. Des différences, écrit Lise Eliot, « s’impriment dans le cerveau, et sans doute dans l’esprit avant la naissance. Vous ne pouvez ni les voir à l’échographie ni les entendre dans les battements du coeur du foetus, mais elles sont bien là : garçons et filles sont influencées dans l’utérus par différents gènes et différentes hormones qui leur sont propres« . Pour le pédopsychiatre Stéphane Clerget, interrogé par Le Figaro magazine, les différences psychologiques entre filles et garçons sont liées à la réalité biologique et non à la seule éducation car « les différences anatomiques influent sur la psychologie« , et « l’enfant pense aussi en fonction de son corps et de sa génitalité« .
Alors que les dernières recherches scientifiques invalident les présupposés de la théorie du gender, il est nécessaire de s’interroger sur la mission du professeur de SVT : n’est-elle pas de « s’appuyer sur des faits éprouvés par l’exigence de la démarche scientifique » plutôt que de devenir le porte-parole d’une approche idéologique controversée ?

<p>Le Figaro magazine (Sophie Roquelle) 20/08/11 – La Croix (Yves-Charles Zarka) 02/08/11 – Le Monde.fr (Caroline De Haas) 24/08/11 – Liberation.fr (Quentin Girard) 09/08/11 – Liberté Politique (Pierre-Olivier Arduin) 27/08/11</p>

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