La résonance magnétique pour trier les embryons ?

Publié le : 15 avril 2020

Annaida, spin-off de l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), « développe actuellement un système de résonance magnétique qui peut détecter la chimie à l’intérieur des plus petits organismes vivants ». La première application visée du dispositif baptisé EmbryoSpin est d’« évaluer la viabilité des embryons avant leur implantation » dans le cadre de parcours de procréation médicalement assistée. La société « vient de lever un million de francs suisses[1] ». Une « première levée de fonds » qui lui permettra « d’élargir son équipe et de tester et valider la sécurité de sa technologie avant de passer aux essais cliniques ».

 

Actuellement, « la technologie utilisée par les appareils à résonance magnétique traditionnels ne permet pas d’obtenir des résultats valables sur des organismes aussi petits qu’un grain de sable ». Bien que « certains appareils spécialisés existent », indique Gora Conley, cofondateur de la spin-off, « ils sont trop chers, pas assez sensibles et leur utilisation trop compliquée », estime-t-il. « Ce problème d’échelle occupe plusieurs groupes de recherche dans le monde car le résoudre permettra une plongée sans précédent dans la composition chimique d’entités microscopiques, comme les embryons, ou les organoïdes, qui sont de plus en plus utilisés pour la recherche pharmaceutique. »

 

Le dispositif développé par Annaida « permet d’observer des éléments jusqu’à 50 fois plus petits qu’avec un appareil traditionnel, sans les endommager ». Comme des « embryons humains dès leurs premiers stades de développement ». Techniquement, « la résonance magnétique nucléaire exploite les propriétés intrinsèques des noyaux de certains atomes en présence d’un fort champ magnétique ». « Ces noyaux absorbent les ondes électromagnétiques puis libèrent l’énergie absorbée à une fréquence spécifique, qui diffère selon le type d’atome et l’environnement chimique à l’intérieur de la molécule. Captée par une antenne, elle permet donc de connaître la composition de l’élément observé. » « La nouvelle technologie développée à l’EPFL utilise des structures microfluidiques imprimées en 3-D spécialement conçues pour guider et contenir des échantillons inférieurs au nanolitre. La structure est combinée à une micropuce, similaire à celles que l’on trouve dans les smartphones, qui contient toute l’électronique nécessaire ». Au total « l’ensemble du système ne fait qu’un millimètre de diamètre » pour un capteur « qui donne des résultats en une heure seulement ».

 

Marco Grisi, cofondateur d’Annaida, « dont la thèse de doctorat a servi de base au développement de la technologie » indique avoir « testé le système sur des embryons obtenus à partir de cellules souches de souris pour voir à quel point il était puissant ». L’étape suivante sera de « déterminer quels sont les marqueurs chimiques qui permettent de prédire le développement d’un embryon sain »[2].

 

Pour Gora Conley, « EmbryoSpin est un dispositif commercialement viable, robuste et facile à utiliser ». Et le cofondateur indique « travaill[er] actuellement à la mise au point d’un système compatible avec le flux typique d’une clinique de fertilité très fréquentée ».

 

Pour aller plus loin :

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[1] Soit près de 950 000 euros.

[2] NdlR : A ce jour, la société EmbryoSpin ne définit donc pas les critères sur lesquels seront triés ces embryons. Tout tri embryonnaire s’apparente à une pratique eugénique.

 

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<p>Medical Xpress, Cécilia Carron (09/04/2020) – Agefi, MH (09/04/2020)</p>

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