La « PMA pour toutes » va transformer l’Etat en « fournisseur d’enfants »

Publié le : 18 septembre 2017

L’annonce de l’ouverture de la PMA « pour toutes » par la secrétaire d’état à l’égalité femmes hommes a suscité de multiples réactions (cf. La « PMA pour toutes » proposée par le gouvernement en 2018). Natacha Polony, dans une tribune du Figaro, s’interroge : « Avoir un enfant est-il un droit ? », et analyse la notion de droit dans les sociétés libérales.

 

Dans une société libérale « telle que tend à la devenir la société française », les « présupposés éthiques qui régissent nos lois bioéthiques (…) sont inutiles et infondés, car le principe qui doit régir une société démocratique est la régulation par le droit et le marché ». Ainsi, dans une telle société « est autorisé tout ce qui ne limite pas les libertés d’autrui en tant qu’individu ». Dans ce contexte, aucun argumentaire éthique ne peut s’opposer au présupposé « tout ce qui est possible doit être permis ». Toutefois, avec la « PMA pour toutes », il ne s’agit pas « d’étendre un droit » ou encore d’« étendre une liberté au nom de l’égalité », mais de « réclamer que l’Etat et la collectivité prennent en charge la procédure qui permettra à des femmes de fabriquer des enfants sans avoir à s’embarrasser d’un père », soit de « considérer qu’avoir un enfant est un droit pour lequel la collectivité doit payer (puisqu’il s’agit de la faire payer par la Sécurité sociale, ce qui signifie également que la « Sécu » n’est plus une assurance solidaire contre les risques) ». Pour Natacha Polony, les femmes homosexuelles ou célibataires « peuvent » avoir des enfants sans recourir à la PMA ; aussi, étendre la PMA à ces femmes serait « transformer l’Etat en fournisseur d’enfants pour tous ceux qui, qu’elle qu’en soit la raison, ne veulent pas en passer par la reproduction naturelle ». C’est par exemple le cas de couples souhaitant passer par la sélection embryonnaire.

 

Sur cette question, le gouvernement est apparu divisé ces derniers jours : alors que Gérard Collomb a estimé dimanche que la « PMA pour toutes les femmes pose sans doute un certain nombre  de problèmes », Marlène Sciappa a « relativisé » son annonce : « Nous ne sommes pas en train de débattre, pour l’instant, de la PMA. (…) Fin 2018, il y aura des Etats généraux de la bioéthique (…) Dans ce cadre, nous débattrons effectivement de la PMA et le gouvernement proposera d’ouvrir la PMA », a-t-elle déclaré.

<p>Le Figaro, Natacha Polony (16/09/2017); Le Monde (17/09/2017)</p>

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