En Argentine, la légalisation de la “fécondation assistée“, le 5 juin dernier, et l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse quelques années auparavant, inquiètent l’Eglise d’Argentine. Plus globalement, “les bouleversements de l’éthique” en Argentine remonte à 2010, avec la légalisation du mariage pour les personnes de même sexe et deux ans plus tard, la possibilité, pour les “transsexuels et travestis de choisir librement leur genre“.
Le P. Ruben Revello, directeur de l’Institut de bioéthique de l’UCA, redoute que ces nouvelles autorisations “n’ouvrent les portes de la maternité de substitution et du don d’ovules” et que les “femmes ou hommes célibataires ou en couple avec des conjoints du même sexe puissent avoir un enfant, ce qui priverait celui-ci d’avoir un père et une mère“. Il précise que “l’Eglise […] signale ‘que ce qui est techniquement possible n’est pas toujours éthique ni juridiquement acceptable’ “. En ce sens, il apparaît “nécessaire d’instaurer une interdiction expresse de toute forme de destruction d’embryons humains ou de leur utilisation à des fins commerciales, industrielles ou pour l’expérimentation“.
Pour le secrétaire exécutif de la Conférence épiscopale argentine et secrétaire de la Commission épiscopale pour la vie, le P. Andrés Tello, l’ensemble de ces “droits […] vont à l’encontre de la famille et de la vie humaine“. La loi autorisant le recours à la fécondation in vitro “oblige l’Etat et le secteur privé de la santé à [en] assumer les coûts“. Or, de nombreuses questions de fond n’ont pas été réglées, tient-il à préciser: “Quel type de fécondation? Homologue ou hétérologue? Au sein du couple ou en dehors de celui-ci? Y-a-t-il ou pas un commerce d’ovules et de spermatozoïdes? Qu’advient-il des embryons? Et de l’identité?“. Car actuellement en Argentine, le code civil prévoit que “l’enfant né d’un ventre appartient à cette mère et la fécondation assistée pourrait provoquer une maternité différente de cette du ventre“. L’interruption volontaire de grossesse est quant à elle autorisée dans le pays en cas de danger pour la vie de la mère ou pour une femme handicapée psychique ou, depuis mars 2012, en cas de viol. A ce titre, le P. Andrés Tello précise qu’il entend bien la souffrance que peut ressentir une femme agressée sexuellement. Mais “l’enfant à naître est innocent et ne peut pas payer les conséquences du comportement aberrant du violeur“.
La Croix (Eric Domergue) 19/07/2013