La légalisation de la FIV et de l’avortement inquiète l’Eglise d’Argentine

Publié le : 19 juillet 2013

 En Argentine, la légalisation de la « fécondation assistée« , le 5 juin dernier, et l’autorisation de l’interruption volontaire de grossesse quelques années auparavant, inquiètent l’Eglise d’Argentine. Plus globalement, « les bouleversements de l’éthique » en Argentine remonte à 2010, avec la légalisation du mariage pour les personnes de même sexe et deux ans plus tard, la possibilité, pour les « transsexuels et travestis de choisir librement leur genre« . 

 

Le P. Ruben Revello, directeur de l’Institut de bioéthique de l’UCA, redoute que ces nouvelles autorisations « n’ouvrent les portes de la maternité de substitution  et du don d’ovules » et que les « femmes ou hommes célibataires ou en couple avec des conjoints du même sexe puissent avoir un enfant, ce qui priverait celui-ci d’avoir un père et une mère« . Il précise que « l’Eglise […] signale ‘que ce qui est techniquement possible n’est pas toujours éthique ni juridiquement acceptable’ « . En ce sens, il apparaît « nécessaire d’instaurer une interdiction expresse de toute forme de destruction d’embryons humains ou de leur utilisation à des fins commerciales, industrielles ou pour l’expérimentation« . 

 

Pour le secrétaire exécutif de la Conférence épiscopale argentine et secrétaire de la Commission épiscopale pour la vie, le P. Andrés Tello, l’ensemble de ces « droits […] vont à l’encontre de la famille et de la vie humaine« . La loi autorisant le recours à la fécondation in vitro « oblige l’Etat et le secteur privé de la santé à [en] assumer les coûts« . Or, de nombreuses questions de fond n’ont pas été réglées, tient-il à préciser: « Quel type de fécondation? Homologue ou hétérologue? Au sein du couple ou en dehors de celui-ci? Y-a-t-il ou pas un commerce d’ovules et de spermatozoïdes? Qu’advient-il des embryons? Et de l’identité?« . Car actuellement en Argentine, le code civil prévoit que « l’enfant né d’un ventre appartient à cette mère et la fécondation assistée pourrait provoquer une maternité différente de cette du ventre« . L’interruption volontaire de grossesse est quant à elle autorisée dans le pays en cas de danger pour la vie de la mère ou pour une femme handicapée psychique ou, depuis mars 2012, en cas de viol. A ce titre, le P. Andrés Tello précise qu’il entend bien la souffrance que peut ressentir une femme agressée sexuellement. Mais « l’enfant à naître est innocent et ne peut pas payer les conséquences du comportement aberrant du violeur« . 

<p> La Croix (Eric Domergue) 19/07/2013</p>

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