La dénaturalisation de la reproduction

Publié le : 31 mars 2005

Marcela Iacub dans Libération revient sur le livre d’Henri Atlan : "l’Utérus artificiel" (cf revue de presse du 14/03/05).Celui ci rappelle que les travaux des chercheurs n’en sont qu’à leurs balbutiements et que l’utérus artificiel ne sera pas prêt avant 50 ou 100 ans. 

Après avoir exposé les principes et les difficultés techniques de ces utérus artificiels, Henri Atlan s’interroge sur les questions suivantes : que deviendra l’identité de genre ? Quels types de rapports entretiendront les hommes et les femmes ? Quels sens auront le concept de filiation, la notion de parenté ? Que deviendront les échanges physiologiques et psychologiques entre une mère et son enfant alors qu’il n’y aura pas eu de grossesse ? 

Marcela Iacub explique que ce concept est à la fois craint et désiré. Désiré car l’utérus artificiel serait la dernière étape de la libération des femmes des servitudes de l’enfantement. Henri Atlan analyse dans son livre cette réticence, signe des paradoxes du féminisme actuel qui tout en cherchant l’égalité des sexes, revendique un pouvoir exclusif des femmes sur la reproduction. La grossesse est la principale justification des nouvelles inégalités…. A travers le concept de l’utérus artificiel, la grossesse apparaîtra (enfin…) "comme une technique et donc comme quelque chose d’ouvert, de subordonné aux buts et aux idéaux de la société dans laquelle elle prend lieu et place" explique t-elle.

Libération 29/03/05 - Le Quotidien du Médecin (Dr Caroline Martineau) 29/03/05

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres