L’ « identité de genre » dans la législation française ?

Publié le : 28 juin 2013

 

 Dans un avis consultatif adopté ce jeudi 27 juin par 30 voix contre 4 et 9 abstentions, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) (1) préconise deux changements dans la législation française.
D’une part le remplacement des termes « identité sexuelle » par les termes « identité de genre« . Selon la CNCDH, les termes « identité de genre » renvoient à « l’expérience intime et personnelle de son genre profondément vécue par chacun, qu’elle corresponde ou non au sexe assigné à la naissance« .

 

D’autre part, la simplification et l’accélération des procédures de changement de sexe à l’état civil. Et notamment la « suppression des conditions médicales » obligatoires aujourd’hui pour modifier l’état civil.
Pour Olivier Vial, porte-parole de l’observatoire de la théorie du genre, cet avis, qui est le signe d’un « ardent travail de lobbying des militants du genre« , entérine « la négation du lien entre le corps et l’identité sexuelle. Dans cette logique, les normes et la nature sont vécues comme des entraves à la liberté « .

 

Pour Véronique Margron, dominicaine et théologienne moraliste, « il est tout à fait légitime » qu’une commission des droits de l’homme se penche sur « la question du possible décalage entre l’identité sexuée et l’identité du genre« . En revanche, il est « aberrant » de « considérer que des cas limites peuvent entraîner une modification de l’état civil et du droit pour tous« . Elle analyse cet avis comme un renversement de la place réservée au corps: « d’un seul coup, la conscience que j’en ai prévaut sur la réalité qu’il représente« . Véronique Margron s’interroge : « qu’est-ce qu’une société qui laisserait penser que le corps est second, que ce qui est premier, c’est la façon dont je le reconnais?« . 

(1) CNCDH: la Commission nationale consultative des droits de l’homme est une structure de l’Etat qui assure, de manière indépendante, auprès du gouvernement et du parlement un rôle de conseil et de proposition dans le domaine des droits de l’homme, du droit et de l’action humanitaire et du respect des garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques.

<p> La Croix (Marine Lamoureux) 28/06/2013</p>

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