J. Hatzfeld :  »la recherche sur l’embryon à tout prix »

Publié le : 22 janvier 2003

Jacques Hatzfeld, directeur du laboratoire de biologie des cellules souches humaines du CNRS à Villejuif explique dans une interview au Figaro, l’importance à ses yeux des travaux de son équipe sur les cellules souches embryonnaires. A ceux qui estiment qu’il manipule des embryons, il rétorque qu’il travaille sur des cellules embryonnaires et qu’il s’agit d’un "malentendu " : "nous ne manipulons, ni ne torturons d’embryons" ajoute t-il.  Après avoir travaillé 22 ans sur les cellules souches adultes, et s’estimant bloqué dans ses recherches, il a orienté ses recherches vers les cellules souches embryonnaires aussi appelées lignées ES (pour Embryo Stem cells). En 1992, la clinique qui les fournissait en embryons surnuméraires a cessé de le faire. Les lois de bioéthiques de 1994 ont par la suite interdit ces recherches. En 2002, ce chercheur fut le premier à obtenir l’autorisation de travailler sur des cellules souches embryonnaires importées. Le Conseil d’État a suspendu cette autorisation en novembre dernier. Jacques Hatzfeld estime qu’il faut revenir sur cette décision en maintenant l’autorisation d’importer des lignées cellulaires accordée par le précédent gouvernement. Il avoue cependant qu’en l’état actuel des connaissances, la thérapie cellulaire ne va pas tout résoudre mais qu’il s’agit d’un objectif à long terme. "Il faut bien parler de recherche avant de parler d’espoir pour les malades" estime t-il.

Dans le journal La Croix, plusieurs lecteurs condamnent l’utilisation des cellules souches embryonnaires. Ils réagissent aux propos controversés du professeur Jacques Donnez de l’Université catholique de Louvain. Celui-ci refuse de s’aligner sur les recommandations de l’Académie pour la Vie concernant l’embryon. Il estime que  la recherche et la destruction d’embryons surnuméraires ne portent pas atteinte à la dignité humaine (cf revue de presse du 22/11/02). Les lecteurs rappellent que Jacques Donnez définit lui même la dignité humaine dans le fait que chaque être est unique et différent. Paradoxalement , il justifie l’utilisation des cellules souches embryonnaires qui pourtant entraîne la destruction d’un embryon unique et différent. 

Les lecteurs s’insurgent également contre les propos de ce médecin qui, en déclarant que "la médecine aussi  a un devoir éthique, celui de rendre sa dignité à l’homme malade ou blessé en le soignant de la manière la plus appropriée", laisse supposer que la dignité humaine n’est pas universelle et qu’on ne peut l’attribuer qu’à certaines catégories d’êtres humains. Le docteur Jacques Donnez confond, comme souvent, qualité de vie et dignité humaine, conclut l’un d’entre eux.

Gènéthique vous rappelle que les informations transmises dans la revue de presse quotidienne représentent toutes les opinions exprimées sur l’actualité bioéthique. Celles-ci ne sont pas toujours cautionnées par la rédaction.

Pour en savoir plus, consultez sur Gènéthique le dossier Cellules Souches 

Le Monde (Luc Montagnier) 22/01/03

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