Irlande : l’avortement et les droits de l’homme

Publié le : 18 août 2014
Wiliam Binchy, avocat et ancien professeur de droit au Trinity College de Dublin (1992-2012), réagit à la pression de l’ONU de voir légaliser l’avortement en Irlande (Cf. Synthèse Gènéthique du 16 juillet 2014), dans une tribune publiée dans l’Irish Times.

 

L’Irlande songe à modifier sa Constitution afin d’ « obtempérer » aux obligations internationales en matière de droits de l’homme. L’auteur trouve l’argument léger. D’une part, parce que le fondement des droits de l’homme, en tant que système philosophique et éthique, est la reconnaissance de « l’égale valeur et l’égale dignité intrinsèques à toute les êtres humains », de sorte que « les droits de l’homme existent non pas parce que des lois à Dublin ou à New York nous les accordent mais en vertu de notre humanité ». D’autre part, parce qu’en tant qu’ancien commissaire au sein de la Commission des droits de l’homme en Irlande de 2001 à 2011, et pour l’avoir représenté lors de sessions pour l’élaboration de la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, il estime avoir une bonne connaissance de la manière dont les traités internationaux émergent. Il en soulève l’aspect éminemment politique. En s’appuyant sur d’autres conventions, comme la Convention européenne des Droits de l’Homme (CEDH), il relève une constante : la rédaction d’articles suffisamment flous permettant une large palette d’interprétations. Ainsi, l’article 2 de la CEDH sur le « droit à la vie » ne précise pas s’il concerne les enfants-à-naitre, de sorte que le plus d’Etats possible puissent signer cette convention, quelle que soit leur législation en matière d’avortement.

 

Il reconnait la capacité des conventions internationales de « déplacer des montagnes », lorsqu’elles se concentrent sur le principe fondamental de « l’égale valeur et l’égale dignité intrinsèques à tous les êtres humains ». Pour être honnête, dans les débats en cours sur l’opportunité de modifier la Constitution irlandaise, laquelle contient expressément l’égalité des droits, y compris pour les enfants-à-naitre-, Wiliam Binchy souhaiterait que l’on reconnaisse que ce principe fondamentale sus-nommé a été « compromis en raison de calculs politiques ».
<p>Irish Times (Wiliam Binchy) 18/08/2014</p>

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