Indemnisées ou rémunérées ? Les donneuses d’ovocytes belges touchent jusqu’à 2000 € par don

Publié le 13 Mai, 2019

« Une amie m’a dit que c’était un bon plan pour se faire de l’argent facile », explique Chloé, une étudiante belge de 23 ans qui pense profiter des 2000 € pour s’acheter une voiture ou se payer des vacances. Sylvie, elle, a déjà touché 8000 € avec ses quatre dons d’ovocytes, utilisés pour « financer des travaux dans son nouvel appartement », et envisage de faire d’autres dons à l’avenir.

 

Pourtant la loi belge est formelle[1] : la commercialisation des ovocytes est interdite et le don doit être un acte « volontaire, gratuit et altruiste ». La loi est formelle, certes, mais imprécise, et ne mentionne aucun montant maximum. Les hôpitaux ont donc carte blanche pour dédommager les donneuses comme ils l’entendent. A l’UZ Brussels, hôpital réputé pour sa générosité avec ses 2000 € par don, il est « évident que les candidates donneuses s’informent et choisissent l’hôpital qui paie le plus ».

 

Avec des sommes aussi attractives, le don censé être altruiste et désintéressé « prend des allures de business ». Comment identifier les vraies motivations des femmes et garantir que leur seul but n’est pas l’enveloppe finale ? « Chaque candidate donneuse doit consulter un psychologue. Si on se rend compte qu’elle est intéressée par l’argent plus que par le don, elle ne sera pas retenue », se défend le Pr. Christophe Blockeel, chef de service à l’UZ Brussel. Mais il semblerait qu’en définitive, « pour répondre à la demande toujours plus importante d’ovocytes, certains hôpitaux ferment donc les yeux sur les motivations des donneuses », alors « l’indemnisation vire en rémunération ». La plupart des donneuses ne cachent même pas leurs motivations financières. Indemnisation ou rémunération ? « Peu importe le mot qu’on utilise, répond Sylvie, c’est l’argent qu’on reçoit pour avoir donné nos ovocytes ». L’interdiction de commercialisation des ovocytes demeure, mais «  à la fin, c’est l’éthique qui trinque. »

 

Pour aller plus loin :

900 € de compensation pour un don d’ovocyte purement altruiste ?

Don d’ovocyte: altruisme ou appât financier?

L’industrie de la GPA en Inde : les donneuses sont pauvres et n’ont pas d’autre moyen de gagner de l’argent

 


[1] Loi du 6 juillet 2007

RTBF, Sofia Cotsoglou (11/05/2019) – En Belgique, des jeunes filles donnent leurs ovules pour recevoir 2000 euros – L’enquête dans 7 à la Une

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