Inde : commerce de maternité de substitution

Publié le : 16 janvier 2012

Mi janvier 2012, le  site Slate.fr fait état des avancées du commerce international de la « maternité de substitution » aux Etats-Unis, prenant notamment l’exemple du PlanetHospital de Los Angeles, qui se vante de proposer des options comparables à un « service de conciergerie » pour louer les utérus de femmes indiennes (Cf. Synthèse de presse du 09/02/11). L’entreprise californienne, spécialisée dans le tourisme médical, est devenue un « supermarché » de l’externalisation de grossesse vers l’étranger, et plus particulièrement vers l’Inde, « destination séduisante » pour de tels contrats.

Aujourd’hui, elle propose toutes sortes d’options personnalisables, d’assurances et de protections juridiques  via lesquelles les droits des mères porteuses sont vendus, leurs choix altérés par des contrats exigeants. Par exemple, elle rend possible l’implantation d’embryons dans deux mères porteuses à la fois, pour maximiser les chances de réussite, contraignant les femmes à avorter ou à garder l’enfant selon le choix du couple « client« . On peut lire sur le site : « c’est à vous de de voir et de décider ce dont vous avez envie de faire. Vous pouvez choisir d’avoir tous les enfants (ce qui vous reviendra plus cher, évidemment…) ou vous pouvez demander une réduction embryonnaire« . En effet, aux USA, le prix d’embauche de deux mères porteuses étant prohibitifs, le PlanetHospital affiche des prix concurrentiels par lesquels les couples peuvent obtenir deux mères porteuses et quatre tentatives de fécondation in vitro (FIV). De plus, afin de garantir aux couples que les femmes portant l’enfant ne s’attachent pas au bébé et qu’elles sont aptes à mener un grossesse à terme, on exige des mères porteuses qu’elles aient déjà eu des enfants elles-mêmes. Mais encore, leur grossesse se passe sous surveillance, dans une « clinique ou dans un centre contrôlée par la clinique, où leurs habitudes, traitements médicaux et régimes alimentaires sont scrupuleusement encadrés et surveillés« .
Une autre option consiste faire privilégier la césarienne pour « programmer l’accouchement« , quitte à mettre en danger la santé de la mère porteuse lors d’accouchements futurs moins encadrés médicalement.

Répondant à ceux qui « pourraient hurler à l’exploitation« , Rudy Ruplak, co-fondateur du PlanetHospital, argue qu’il faut garder à l’esprit « que le revenu moyen par habitant d’une [Indienne] s’élève à environ 600$ par an. Elle se fait ainsi près de 12 fois son salaire annuel en étant mère porteuse« . Sur la brochure, le PlanetHospital se dit conscient que « la maternité de substitution est un sujet sensible« , qu’il ne s’agit pas « de l’achat d’une voiture » mais bien d’une vie créée. Pourtant plus loin, l’entreprise se compare à un célèbre marchant de chaussures en ligne, s’engageant comme elle à « livrer du bonheur« .

<p>Slate.fr (Douglas Pet) 16/01/12 - Center for Genetics and Society 09/01/12</p>

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