Impression 3D d’organes : La recherche est en marche

Publié le 17 Fév, 2016

Suite à la récente nouvelle annoncée par la Wake Forest Institute de sa réussite dans la fabrication par imprimante 3D d’un cartilage d’une oreille humaine viable une fois greffé (cf. Gènéthique du 17/02/2016),  Hervé Seitz[1] se penche sur les avancées de la recherche dans ce domaine.

 

Comme le montrent l’exemple de l’oreille, et celui de la fabrication d’un morceau d’os de mâchoire humaine, il est possible, explique Hervé Seitz, de « fabriquer des structures de plus grande taille et rigides », grâce à plusieurs améliorations apportées aux techniques existantes :

 

  • La fabrication de micro-canaux dans l’implant qui permettent que « l’oxygène et les nutriments atteignent les cellules les plus internes, éloignées de la surface de l’implant ».
  • La synthétisation de l’implant « dans une sorte de matrice rigide, qui assure le maintien de l’ensemble pendant la synthèse, et qui est éliminée ensuite ».
  • L’amélioration de « la précision spatiale de l’impression 3D, pour disposer les cellules à volonté au cours de la synthèse ».

 

Le travail de l’équipe de chercheurs a ainsi « abouti à la fabrication de différents implants, qui, lorsqu’ils ont pu être testés in vivo, ont été bien intégrés par l’organisme receveur ».

 

Pour lui, « la fabrication d’un morceau d’os de mâchoire humaine est très prometteuse » : en imaginant « récupérer des cellules souches dans le liquide amniotique pour chaque bébé à naître, les congeler et les garder en vue d’une utilisation future », « les différentes étapes de la fabrication d’une prothèse vivante, sur-mesure, et constituée des propres cellules du patient » sont maintenant maîtrisées d’un point de vue technique.

 

Il ajoute qu’il est « probable que dans les années à venir, de nouvelles équipes réussissent à fabriquer d’autres organes humains avec le même succès, et que le catalogue d’organes ‘synthétisables’ s’allonge », l’avantage de ces implants « vivants » étant qu’ils n’ont pas à être remplacés au cours de la vie. En outre, « les délais de fabrication annoncés dans cette publication sont bien inférieurs au temps d’attente habituel d’un donneur de greffe » : avec « une banque de cellules-souches du propre patient à greffer », le temps d’attente des patients en demande d’une greffe d’un organe synthétisable serait donc diminué.

 

Hervé Seitz précise cependant que tout n’est pas faisable. « L’impression 3D permet simplement de disposer des cellules dans l’espace, et ensuite de laisser ces cellules travailler pour nous », mais il y a « des propriétés biologiques qui dépendent de paramètres supplémentaires », comme la mémoire qui ne dépendrait pas que d’un agencement spatial de neurones.

 

Cette technique n’est pas non plus en passe de permettre d’allonger l’espérance de vie indique-t-il, car « la vieillesse n’est pas qu’une affaire de fractures d’os ou de dégénérescence musculaire : on est loin en effet de pouvoir remplacer, pièce à pièce, un corps humain entier… ».

 

[1] Chercheur spécialiste en biologie moléculaire au CNRS, et dans l’étude de greffes. Il est rattaché à l’Institut de génétique humaine (IGH) de Montpellier. 

Atlantico (18/02/2016)

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