IMG : la détresse psychosociale est « un appel à l’aide qui demande attention et écoute »

Publié le : 16 février 2021

Pour le Professeur Emmanuel Sapin, coauteur de la première chirurgie fœtale réalisée en Europe, la disposition votée par les députés autorisant, dans le cadre de la loi de bioéthique, l’IMG jusqu’à la naissance en raison d’une « détresse psychosociale » a été prise sans qu’ait été « mesurées les conséquences de cette décision » (cf. Loi de bioéthique : à petits pas vers la barbarie).

En l’état actuel du droit

Si cet amendement était adopté, il permettra, explique le Pr Emmanuel Sapin, « de supprimer la vie d’un être humain ne présentant aucun problème de développement, et ce jusqu’au 9e mois de grossesse, pour un motif flou susceptible d’interprétations variées ». Sachant « que les dérogations, au fil du temps, vont en s’élargissant ». Il rappelle qu’ « en l’état actuel du droit », il faut, « pour qu’une IMG jusqu’au 9e mois soit autorisée, que la poursuite de la grossesse mette en «péril grave» la santé de la femme ».

Pour le praticien, la détresse psychosociale est « un appel à l’aide qui demande attention et écoute bienveillante pour secourir la personne et l’aider à trouver une solution à son mal-être et à une situation qui lui paraît désespérée ». Et il invite les députés à se rendre dans un service de réanimation néonatale pour constater le dévouement des soignants auprès de nouveaux nés qui « sont des êtres humains, dignes de notre attention et de notre respect ».

La clause de conscience

Alors que le Parlement doit examiner une loi qui vise à supprimer la clause de conscience (cf. Extension des délais d’IVG : pas de répit et IVG : la clause de conscience des professionnels de santé en danger), le professeur rappelle que c’est « le droit de refuser la réalisation d’un acte médical pourtant autorisé par la loi mais que le médecin – ou tout autre personnel soignant – estimerait contraire à ses propres convictions personnelles, professionnelles ou éthiques ».

La clause générale concerne les seuls médecins et exclut d’office les sages-femmes qui « viennent d’être autorisées à pratiquer des interruptions de grossesse chirurgicales ». Il craint « qu’un médecin refusant une demande d’IMG jusqu’au 9e mois pour «détresse psychosociale» p[uisse] être considéré, demain, comme «inhumain» et coupable devant la loi ». En supprimant « l’exercice de la liberté de conscience » la loi introduirait « une grave atteinte au serment d’Hippocrate – que chaque médecin a juré de respecter ».

Source : Le Figaro (15/02/2021) – Photo : iStock

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