IMG: cas de conscience pour les médecins

Publié le 22 Mai, 2009

L’Hôpital Robert Debré à Paris évoque les cas de consciences auxquels sont confrontés les médecins quand ils doivent  déterminer si les foetus dont on leur a soumis l’examen, présentent une affection d’une "particulière gravité" justifiant un avortement. Dans le cadre de sa case documentaire "Infrarouge", France 2 a abordé la question dans un documentaire réalisé par Karim Miské "Un choix pour la vie". Ce dernier évoque "une loi dont les termes ouvrent sur un questionnement philosophique abyssal" : "doit-on faire naître un enfant qui a 10% de risques de présenter un retard mental?" Comment décider de la gravité d’un handicap? Où sont les limites? La relation médecin-patient s’avère cruciale et devrait être permanente.

Karim Miské souligne la difficulté à répondre à la fois à la demande de "ceux qui veulent accueillir un bébé qui a toutes les chances de présenter un sérieux retard mental" et ceux à qui il faut expliquer "qu’un bec-de-lièvre ne peut justifier un avortement".

Les parents sont confrontés "au dilemme le plus douloureux de leur existence" et font difficilement face au "poids du choix qui leur incombe" sans une limite posée par le médecin.

Le 50 minutes "Un choix pour la vie" pose la question de savoir si la loi encadre suffisamment l’avortement "qui n’est pas sans conséquence" car du coup, le seuil de probabilité de risque d’attendre un enfant atteint d’une pathologie grave varie d’un hôpital à l’autre. La décision est prise en collège médical, car "il est moins lourd de prendre une décision à plusieurs", mais c’est "aux parents de prendre la décision finale". Le professeur Oury, interrogé dans le film, estime, lui, que "ce n’est pas à eux de porter le poids de la décision de mort, qui génère un énorme sentiment de culpabilité".

En France, il est possible d’avorter jusqu’au neuvième mois de grossesse si une maladie d’une particulière gravité est détectée. Ce délai permet certes d’approfondir les examens et parfois même d’éviter d’avorter un enfant sain, mais "c’est plus dur pour tout le monde d’interrompre une grossesse avancée". Par ailleurs, le foetus n’étant pas une personne pour le droit français, "on procède à une injection de Penthotal dans le coeur du foetus, puis au déclenchement de l’accouchement. Sinon, il s’agirait d’un infanticide."

Le Figaro (Jean-Michel Maire) 21/05/09 – TeleObs 23/05/09

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