Huntington : échec de greffes de neurones fœtaux

Publié le 22 Juil, 2009

La revue scientifique PNAS a publié le 17 juillet 2009 la première étude sur les résultats à long terme de transplantations directes de neurones normaux dans le cerveau de patients atteints de la maladie de Huntington. Des résultats prometteurs avaient été obtenus chez les rats et les primates. Chez l’homme la greffe de neurones, issus de foetus avortés, avait initialement semblé encourageante : les neurones greffés avaient survécu et s’étaient intégrés dans le cerveau.

Or l’étude, réalisée par l’équipe du Pr Freeman de l’université South Florida, et qui s’appuie sur l’examen de trois patients décédés dix ans après la transplantation, montre des résultats décevants. Dans les trois cas, il reste peu de trace des greffons qui ont parfois subi d’une dégénérescence plus rapide que les neurones malades. "Nous avons été surpris de trouver une dégénérescence si sévère", explique le Pr Freeman. "Les cellules étaient très malades, et chez un patient, les greffons avaient complètement disparu. Il ne restait que les traces des épingles [avec lesquelles les greffes avaient été faites] et le tissu nécrotique".

Il semblerait que l’échec d’une technique qui s’annonçait si prometteuse provienne du manque de modèle génétique fiable lors des expérimentations. En effet, les scientifiques modélisaient la maladie de Huntington en détruisant chimiquement le striatum (région du cerveau la plus touchée) tout en laissant intact le reste du cerveau. Or, on sait aujourd’hui que la maladie de Huntington cause une dégénérescence cérébrale plus large. Les essais cliniques avaient par ailleurs été arrêtés par Freeman en 2002 à cause des risques associés la chirurgie elle-même pour la transplantation des neurones.

Le neurologue Roger Albin, de l’Université du Michigan, commente dans Nature les résultats de cette étude : il y voit le signe "que la greffe n’est pas une thérapie particulièrement bonne. Cela limite la probabilité qu’une autre forme de greffe puisse être efficace, même avec des cellules souches". Des conclusions similaires ont été tirées de traitements pour la maladie de Parkinson.

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