Greffes d’organes : comment répondre aux demandes croissantes ?

Publié le 27 Avr, 2010

Dans le Quotidien du médecin, le Pr. Claude Huriet fait part de ses réflexions concernant le prélèvement d’organe sur donneur vivant. Le Pr. Huriet résume les différentes mesures mises en place pour essayer d’inverser l’écart qui se creuse entre la demande croissante d’organes et l’offre : optimiser l’organisation du don d’organes, développer les prélèvements sur donneurs en état de mort encéphalique par l’adaptation du recueil du consentement, et ceux effectués sur donneur décédé après arrêt cardiaque (Cf. Synthèse de presse du 24/03/10), ou encore utiliser des organes "marginaux". Toutefois, explique-t-il, il est tout à fait improbable que "ces différentes sources suffiront à mettre un terme à la pénurie, car la demande d’organes continuera, à travers le monde, de croître plus vite que le nombre d’organes disponibles, et cela constitue d’ailleurs une forte incitation à développer les prélèvements d’organes sur donneur vivant". Le Pr. Huriet s’interroge sur les différences de comportement entre les pays  : est-ce dû à la capacité de générosité des personnes ou aux conditions dans lesquelles le consentement du donneur est obtenu ? Attachée au principe d’indisponibilité et de non-patrimonialité du corps humain, la France a une exigence importante en la matière. De plus, avec l’augmentation croissante des demandes d’organes, il sera à terme, "impossible de s’opposer au développement d’un marché noir international dont les prémices apparaissent déjà, avec comme conséquence une marchandisation des organes humains". Aujourd’hui le prix d’un rein se situe entre 80 000 et 100 000 euros. Un donneur africain reçoit 500 euros pour la vente de son rein, et un donneur turc 5000 euros. L’OMS rapporte que pas moins de 10% des transplantations effectuées dans le monde en 2005 concernaient des organes acquis par ce trafic.

Devant cette perspective inexorable d’une demande toujours plus importante, le Pr. Claude Huriet propose des pistes pour mieux s’y préparer : investir et encourager les recherches sur les xénogreffes, explorer les perspectives qu’ouvrent les technologies nouvelles, et les potentielles applications des nanotechnologies concernant les organes artificiels. Le Pr. Huriet termine en proposant deux thèmes de recherche au programme d’un prochain séminaire : l’étude des facteurs permettant de distinguer les pays où offre et demande s’équilibrent et le développement des nouveaux traitements et technologies.

Le Quotidien du médecin (Pr. Claude Huriet) 26/04/10

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