Greffe de tête sur des cadavres : un effet d’annonce controversé

Publié le : 20 novembre 2017

Vendredi, le neurochirurgien Sergio Canavero a annoncé lors d’une conférence de presse à Vienne avoir réussi une greffe de tête entre deux cadavres. Il s’agirait d’un « préambule à la greffe de la tête d’un volontaire vivant » qu’il prévoit en décembre, en Chine (cf. Une première greffe de tête humaine annoncée pour 2017). Il décrit l’intervention en détail : « La tête du receveur sera refroidie. On la collera sur le corps du donneur, on reconnectera la moelle et les différents tissus. Si le patient survit à l’opération, il faudra ensuite qu’il entame une longue convalescence pour s’adapter à son nouveau corps et réapprendre à bouger (…). La partie la plus difficile est de reconstituer la continuité de la moelle épinière, ce détail est maintenant réglé grâce à l’utilisation de matériaux chimiques, qui permettant de rétablir les liens entre les fibres nerveuses ». Le coût de l’opération est estimé à 10 millions d’euros.

 

Son effet d’annonce est une nouvelle fois décrié par ses confrères : une expérience sur des cadavres « ne rend pas la greffe de tête plus probable chez un homme vivant », elle ne « permet pas de vérifier que les contacts entre neurones seront efficaces » et la tentative reste « insensée ». Sur la technique, l’idée de « coller les moelles épinières » est jugé « infaisable ». « En l’état actuel des choses, cette procédure n’améliorera pas la santé du patient car il est peu probable qu’il retrouve une fonction neurologique, ni même qu’il survive ». Et l’intervention « ne porte pas son vrai nom : le receveur gardant sa tête, il serait plus judicieux de parler de greffe de corps » (cf. Greffe de tête : des questions sans réponse). 

<p>Pourquoi docteur, Dr Jean-François Lemoine (18/11/2017) ; Science et avenir, Elena Sender (20/11/2017)</p>

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