Greffe de neurone : du nouveau chez la souris

Publié le : 23 février 2017

Depuis une dizaine d’années, l’équipe du docteur Afsaneh Gaillard[1] mène des recherches sur la « greffe de neurones », envisagée pour traiter les lésions cérébrales[2]. L’équipe vient de publier une nouvelle étude « établissant dans quels délais une telle opération peut être effectuée avec un succès significatif ».

 

En 2008, ces mêmes chercheurs avaient montré « que le cerveau de souris adultes pouvait être réparé par une transplantation de cellules nerveuses et immatures[3], de même nature que celles du tissu lésé (en l’occurrence le cortex moteur) » (cf. Du cortex à partir de cellules embryonnaires de souris). En 2015, une nouvelle publication dans la revue Neuron confirme ces résultats et trouve un large écho dans la presse. Les travaux avaient alors porté sur le cortex visuel. L’équipe prévoyait alors de poursuivre, en greffant des neurones humains chez la souris (cf. Thérapie cellulaire : Des « neurones de remplacement » pour pallier les lésions cérébrales, Recherches sur les cellules souches : réelles avancées ou effet d’annonce ?).

 

La dernière publication, en janvier 2017, concerne toujours les greffes de cellules souches embryonnaires de souris chez la souris. Elle démontre que « la transplantation est beaucoup plus efficace si elle est réalisée une semaine après la lésion (et non immédiatement après, comme cela se pratiquait jusqu’à présent) ». Ce délai permet une vascularisation du greffon plus importante, un nombre de neurones survivants supérieur, des projections vers les zones cibles beaucoup plus rapide et nombreuses. « L’étendue de la réparation du tissu est nettement plus importante et la récupération fonctionnelle plus complète ». En outre, « l’existence d’un délai avant la greffe donnerait le temps de préparer les neurones nécessaires à la transplantation » se réjouit Afsaneh Gaillard, sans trancher sur la source des cellules humaines qu’il compte utiliser : « cellules fœtales ou cellules du patient reprogrammées ».

 

 

[1] Unité Inserm 1084, Laboratoire de neurosciences expérimentales et cliniques, Université de Poitiers

[2] A la différence d’autres organes, l’encéphale a des capacités d’autoréparation extrêmement limitées

[3] Obtenues in vitro à partir de cellules souches embryonnaires de souris

<p>Le Point, Anne Jeanblanc (23/02/2017); Inserm (22/02/2017)</p> <p>Photo: Pixabay / DR</p>

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