GPA en Ukraine : le mauvais sort des enfants abandonnés

Publié le : 18 août 2020

Depuis sa naissance en Ukraine d’une mère porteuse de la région de Donetsk, déchirée par la guerre, Marina Boyko, une infirmière pédiatrique, s’occupe de Bridget : « Pour moi, c’est la meilleure, la plus belle, la plus joyeuse, la plus intelligente des enfants qui puisse exister ».

Née prématurée, son jumeau est mort à la naissance, la petite fille est handicapée. Avec une aide appropriée, elle devrait cependant pouvoir marcher un jour. Elle est née de commanditaires américains qui ont envoyé une lettre demandant, alors que la petite fille avait cinq mois, que son assistance vitale soit désactivée : « Elle est dans un état végétatif (…) Nous ne l’emmènerons pas en Amérique. Ce bébé est incurable ». Bridget survit. 18 mois plus tard, le couple américain donne son consentement pour qu’elle soit adoptée. Mais le document, signé en présence du Consul général de l’ambassade américaine, n’est pas reconnu par la loi ukrainienne ; Bridget est apatride, elle n’est pas adoptable.

Pour le médiateur ukrainien des enfants, Nikolai Kuleba, le cas de Bridget n’est pas isolé. Dix autres bébés, nés en Ukraine de mères porteuses, ont été abandonnés par leurs parents étrangers. « Ce sont ceux dont nous avons connaissance, explique le médiateur, mais je suppose qu’il y a des cas que nous ne connaissons pas ». Il évoque aussi le cas de bébés nés sans lien génétique avec leurs parents étrangers et d’autres concernant des enfants sortis clandestinement d’Ukraine : « C’est un commerce immoral, il fait du mal », ajoute-t-il avant de confirmer que Bridget devrait recevoir la nationalité ukrainienne très prochainement, ce qui lui permettra d’être adoptée. Entre temps, il semble que les commanditaires américains se soient engagés dans une deuxième procédure et que des jumeaux soient nés.

En attendant son adoption, Bridget va demeurer au foyer pour enfant de Sonechko. Si elle n’était pas adoptée avant ses 7 ans, elle serait dirigée vers une autre institution qui ne lui proposera aucune thérapie, mais l’éloignera de Marina Boyko. A 18 ans, elle sera envoyée dans une maison de retraite.

Pour aller plus loin :

Source : ABC news, Samantha Hawley (19/08/2020) – Damaged babies and broken hearts: Ukraine’s commercial surrogacy industry leaves a trail of disasters

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