GPA en Inde : de nombreuses gestatrices ne souhaitent pas « renouveler cette expérience dans le futur »

Publié le : 12 octobre 2016

Le recours à la GPA en Inde est interdit depuis 2013 aux couples homosexuels et depuis 2015 aux étrangers, qui ne peuvent plus obtenir de visa de sortie pour les enfants. Les couples étrangers désireux d’avoir un enfant se tournent désormais vers de nouvelles destinations comme le Cambodge ou le Kenya (cf. GPA en Inde, des restrictions à l’ordre du jour).

 

L’Institut national d’études démographiques (INED), publie ce mercredi 12 octobre un bulletin d’information présentant la réalité « complexe » de la GPA en Inde. La sociologue Virginie Rozée a enquêté deux ans sur place, rencontrant des médecins, des avocats et des politiques, mais également des parents et plusieurs gestatrices. Elle dépeint une pratique « ambiguë » dans un pays où plus de 25 000 enfants auraient été conçus par GPA, dont la moitié pour des parents étrangers.

 

La motivation des gestatrices est d’abord financière, souligne l’INED, qui précise qu’elles touchent entre 2 800 et 7 000 €, ce qui représente souvent pour elles l’équivalent de plusieurs années de salaire. Les gestatrices pensent que « ce revenu améliorera leurs conditions de vie et surtout celles de leurs enfants », puisque cet argent permet souvent de payer une école privée ou la dot qui permet à leurs filles de se marier. Pour l’INED, la gestation pour autrui apparaît donc comme une « stratégie maternelle ».

 

A cette motivation financière se mêle une forte réprobation sociale. En effet, les gestatrices disent souffrir du regard de la société indienne sur elle car la GPA est associée en Inde « à des relations sexuelles extraconjugales, fortement stigmatisées et pénalement condamnées ». L’Ined explique que les femmes vont même jusqu’à  cacher leur GPA « pour se protéger de l’incompréhension du voisinage », préférant parfois être éloignées de leur foyer pendant la grossesse, « même si cet éloignement est difficile à vivre ».

 

Enfin, l’Ined souligne que « de nombreuses gestatrices ont indiqué qu’elles ne souhaitaient pas renouveler cette expérience dans le futur. »

L’Institut précise pour terminer qu’une « question sur la possibilité que leur propre fille puisse devenir un jour gestatrice à son tour, a parfois provoqué de fortes émotions chez ces femmes qui y voyaient le signe d’un échec de leur propre GPA à changer la vie de leur famille ».

 

<p>Bulletin d'information de l'INED, "Population & Sociétés - La gestation pour autrui en Inde" (Virginie Rozee, Sayeed Unisa, Elise de La Rochebrochard), 12/10/2016.</p>

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