France: opération de promotion de la GPA par une clinique américaine

Publié le : 12 avril 2013

 A la recherche de clients potentiels, un Centre de fertilité de l’Illinois (Etats-Unis) est actuellement en « tournée » à Paris. Ce mercredi 10 avril, il « devait organiser, conjointement avec le laboratoire de fécondation in vitro ‘aParent’, une soirée intitulée ‘Don d’ovocyte, gestation pour autrui, test génétique de dépistage sur embryon, revue des modes de procréation’, à l’hôtel Lutetia« . Mais « devant le tollé provoqué par cette opération de promotion » diffusée sur internet, l’hôtel l’a finalement refusée. 
Paul, un journaliste de 47 ans qui travaille depuis longtemps sur le dossier, a, avec son amie Cécile, âgée de 46 ans, demandé un rendez-vous, qu’ils ont obtenu à l’hôtel Mélia Vendôme, afin d’obtenir des informations. Peter, homosexuel, a été invité avec son ami et leur petit garçon de 4 ans issu d’une gestation pour autrui (GPA) à Chicago, pour témoigner de leur expérience. Enfin, Julie, infirmière du centre de fertilité de l’Illinois et « coordinatrice pour la procréation médicalement assistée nécessitant un tiers » est présente au rendez-vous. 

 

Lors du rendez-vous, Paul s’interroge: « Nous avons voulu en savoir plus sur les conditions financières, la façon de contourner la loi [la GPA est en effet interdite en France], la tentation de l’eugénisme et l’impact sur l’enfant. Nous nous sommes rendus compte que commander l’enfant parfait, aujourd’hui, c’est possible. On parle toujours de la marchandisation du corps des femmes; moi, j’ai été impressioné par cette marchandisation de l’enfant« . 

 

En premier lieu, à propos des conditions juridiques, Julie, du centre de fertilité, précise à Paul et Cécile, comme pour les rassurer: « tout est absolument légal. Il y a des contrats qui spécifient clairement qui va porter l’enfant et qui va l’élever. Tout est fixé avant le début du traitement« . Après qu’il leur a été donné une liste de cinq donneuses, toutes dans l’Illinois, Peter leur précise que le délai d’attente est long: « six à douze mois. les femmes ont entre vingt et trente ans. il y a leurs profils, leur photos. On vous conseille d’en choisir une qui a déjà donné« , et d’ajouter, un peu mal à l’aise: « pour être sûr que c’était bien, euh…, la qualité« . L’infirmière poursuit en mentionnant que l’histoire médicale de la donneuse est vérifiée, « jusqu’à ses grands-parents« , et « même ses frères et soeurs« . Et de souligner: « si elle est porteuse d’une maladie génétique, elle est disqualifiée« . Puis, Paul s’interroge sur la question de « l’avortement thérapeutique« . A ce sujet, l’infirmière du centre de fertilité répond que « c’est possible. […] Mais pour réduire ce risque [est pratiqué] un diagnostic préimplantatoire« . Selon le site du laboratoire ‘aParent’, ce diagnostic « est utile pour ‘l’équilibre de la famille’ « . 

 

Peter explique au couple que « si tout va bien, [recourir à la GPA coûte] entre 90 000 et 100 000 dollars » et de leur mentionner qu’ils « aur[ont] un certificat avec [leurs] noms. L’enfant sera américain, et après [ils] pourr[ont] le naturaliser« . 
Enfin, Cécile souhaite savoir ce que Peter et son ami ont expliqué à leur petit garçon. Celui-ci répond, donnant cependant l’impression de ne pas être très sûr de lui: « il est trop petit. Il sait déjà que c’est une femme qui l’a porté. Il n’a pas de maman, il a deux papas, et voilà, il va bien, il est heureux on va dire« .
 

<p>Le Figaro (Stéphane Kovacs) 12/04/2013</p>

Partager cet article

Synthèse de presse

Chronique audio

Textes officiels

ressources

Fiches pratiques

Bibliographies

S'abonner aux lettres