France : développer les banques de sang de cordon

Publié le 23 Avr, 2008

Le Quotidien du Médecin célèbre les 20 ans de la greffe de sang de cordon : le 6 octobre 1988, le Pr Eliane Gluckman réalisait, à l’hôpital St-Louis (Paris), la 1ère greffe mondiale de sang de cordon sur un enfant souffrant d’anémie de Fanconi.

Désormais utilisée aussi bien chez les enfants que chez les adultes, la greffe de sang placentaire offre de nombreux avantages qu’énumère le quotidien : aucun risque pour le donneur, moins de risques infectieux, meilleure diversité HLA, immaturité immunologique, capacités hématopoïétiques, disponibilité immédiate…

20 ans après cette première, la France est  "le pays européen où il y a le plus de greffes de sang de cordon réalisées", souligne le Dr Hélène Espérou, responsable de l’encadrement des banques de sang de cordon à l’Agence de la biomédecine. Ainsi, en 2007, plus de 200 patients ont eu recours à une greffe de sang de cordon.

Mais moins de 50% des greffes allogéniques de sang placentaire réalisées en France le sont avec des unités de sang placentaire (USP) françaises. Sachant que chaque USP importée coûte, en moyenne, 17 000 euros, la France aurait tout intérêt à augmenter son stock d’USP aujourd’hui constituée de 6 600 unités (ce qui la place au 16ème rang mondial).

Face à l’augmentation du nombre de greffes de sang de cordon, l’Agence de la biomédecine s’est donnée pour objectif d’augmenter le stock d’USP et souhaite, en amont, encourager l’ouverture de nouvelles banques. Aujourd’hui, le réseau français des banques de sang placentaire – copiloté par l’Agence de la biomédecine et l’Etablissement français du sang (EFS) – est constitué de quatre banques (Annemasse, Besançon, Bordeaux, Paris). Lancé en août dernier, l’appel d’offres de l’Agence de la biomédecine pour ouvrir quatre nouvelles banques a reçu quatre candidatures.

"A terme, nous voudrions arriver à un réseau de huit à dix banques sur le territoire français" et "nous voulons également développer les réseaux de maternité", explique le Dr Espérou. La politique d’extension de ce réseau dépend aussi de la formation des sages-femmes, de l’information des futurs parents ainsi que "d’arbitrages politiques et de financements des tutelles".

Rappelons qu’en France, seules les banques publiques allogéniques sont autorisées. D’autres pays, comme l’Espagne ou l’Italie, ont autorisé les banques autologues à condition qu’elles soient solidaires : le sang de cordon est alors conservé à la demande des parents, moyennant finance, mais le typage HLA doit être inscrit sur le registre national pour qu’un malade compatible puisse éventuellement en bénéficier. Autre système, celui de la Virgin Health Bank créé par Richard Branson : 80% de chaque prélèvement est donné gratuitement à une banque publique et les 20% restants demeurent la propriété exclusive de la famille.

Le Quotidien du Médecin (Stéphanie Hasendahl) 23/04/08 –

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