FIV : les traitements hormonaux en cause dans la croissance de méningiomes

Publié le 29 Mar, 2021

L’hormonothérapie nécessaire pour tout cycle de Fécondation in Vitro est un facteur important de croissance des tumeurs au cerveau. Serena Jardine en a fait les frais. Quelques mois après la naissance de son fils James, les médecins lui ont découvert une tumeur au cerveau de la taille d’une orange. Alertée par des distractions de plus en plus importantes, puis des migraines handicapantes, elle a consulté lorsqu’elle s’est retrouvée dans l’incapacité de parler. Opérée en urgence pendant une dizaine d’heures, elle a été « sauvée », conservant tout de même des séquelles oculaires et motrices.

Ce type de méningiome « peut se développer rapidement chez les femmes qui ont subi une FIV et d’autres traitements hormonaux » explique le Dr Anthony Ghosh. Neurochirurgien formé par celui qui a opéré Serena, il estime que « la FIV a été le catalyseur ». Les traitements hormonaux ne créent pas de méningiome, mais si celui-ci est déjà présent, même minuscule et bénin, alors les hormones administrées pour la FIV vont « accélérer sa croissance ».

Serena, mariée en 2005 à l’âge de 38 ans, a enchaîné cinq cycles de FIV et trois fausses couches avant la naissance de James en décembre 2012. En 2006, elle a passé un scanner pour des douleurs aux oreilles. Son méningiome, minuscule, était déjà présent, mais il n’a pas été remarqué à l’époque. « Je n’avais aucune idée que j’avais une tumeur au cerveau – ou que les hormones que j’avais prises pouvaient en accélérer la croissance » déplore aujourd’hui Serena. Pendant les cycles de FIV, « on vous dit de vous injecter ceci tous les jours et de prendre cela, mais personne n’explique vraiment ce que ces hormones peuvent faire et les dommages potentiels qu’elles peuvent causer ». Elle qui a pris des hormones « pendant sept ans » pour avoir son bébé, « s’est retrouvée avec une tumeur de la taille d’une orange », « mettant sa vie en danger ».

D’après le Dr Anthony Ghosh, parmi les patients atteints de méningiomes, on trouve deux femmes pour un homme, « d’où la théorie selon laquelle ils contiennent des récepteurs d’œstrogènes et de progestérone ». Cela expliquerait en partie pourquoi les méningiomes sont sensibles aux hormones. « Nous avons également vu des femmes souffrant de dysphorie de genre qui reçoivent une thérapie à base d’œstrogènes développer des méningiomes multiples ajoute le neurochirurgien, et lorsqu’elles arrêtent le traitement, nous voyons les méningiomes régresser ». Il ajoute que 12% des femmes atteintes de méningiomes ont eu précédemment recours à la FIV.

 

Source : Mirror, Emily Hall (27/03/2021) – Photo : Pixabay\DR