Fin de vie : le PS veut « ouvrir un droit, comme il y a un droit sur l’IVG »

Publié le : 5 mars 2012

Interrogée par le quotidien Libération, Marisol Touraine, députée socialiste d’Indre-et-Loire et chargée des questions sociales et de santé dans l’équipe de campagne de François Hollande, revient sur  les positions du parti socialiste en matière de bioéthique.

Ces dernières semaines, François Hollande s’est positionné en faveur de l’euthanasie, appelée "aide médicale à mourir" (Cf. Synthèse de presse du 27/01/12), de l’ouverture de l’assistance médicale à la procréation aux femmes homosexuelles (Cf. Synthèse de presse du 13/02/12) et de l’autorisation de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines (Cf. Synthèse de presse du 24/02/12). Selon Marisol Touraine, ces prises de positions sont des "évolutions significatives" marquant un "vrai changement". Il s’agit de prendre en compte "l’évolution de la société, et de ne pas considérer qu’il y aurait une sorte de droit immuable". Elle ajoute que François Hollande ne revendique pas une "hypothétique modernité" mais "la recherche de l’apaisement, de solutions qui répondent aux préoccupations".

Concernant la question de la fin de vie, Marisol Touraine estime qu’ "il faut rompre avec une forme d’hypocrisie sociale" et précise qu’ "il ne s’agit pas de prôner l’aide active à mourir pour tout le monde" mais "d’ouvrir un droit, comme il y a un droit pour l’IVG", chacun ayant "la liberté […] d’en user ou pas". Elle affirme que le candidat socialiste à la présidentielle ne cherche pas à opposer les soins palliatifs et l’ "assistance active à mourir" : "nous espérons que le plus de gens possibles trouveront un soulagement et une envie de vivre quand même, avec des soins palliatifs ou curatifs. Mais pour les autres ? Qui peut se substituer à la volonté d’une personne ? […] Chacun doit pouvoir vivre conformément à ses attentes, à son idée de la dignité". Elle évoque certaines modalités envisagées pour ce droit à une "assistance active à mourir" : un cadre strict de recueillement du consentement de la personne ; dialogue entre médecin, soignants, malade et famille ; décision collégiale et non solitaire du médecin ; respect de l’objection de conscience du médecin.

Interrogée sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires, elle affirme que des limites existent, du fait des principes de "non marchandisation du vivant et de respect absolu de la dignité humaine", mais elle ajoute qu’à partir de ces principes, "l’objectif doit être de faire progresser la connaissance, de manière encadrée, pour faire progresser les réponses thérapeutiques".

Libération (propos recueillis par Éric Favereau) 03-04/03/12

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