Fin de vie des nouveau-nés: un cadre juridique insuffisant?

Publié le : 18 décembre 2013

 Si la question de la fin de vie est souvent associée aux personnes âgées, il importe de souligner qu’ elle concerne également les nouveau-nés. Plus précisément, c’est la question très « sensible » de l’arrêt de l’hydratation et de l’alimentation artificielle (AHA) qui se pose « quand tout a déjà été tenté en réanimation« . D’un point de vue législatif, la loi Leonetti de 2005 a posé un cadre dans l’accompagnement de la fin de vie des nouveau-nés, par l’AHA. Antérieurement « les chefs de service prenaient eux-mêmes la décision d’une euthanasie. Une pratique illégale mais tolérée« . 

 

Mais la législation de 2005 a des limites qui ont été soulevées dans divers rapports, et médecins et familles s’interrogent sur plusieurs points. Ainsi le centre éthique clinique (CEC) de l’hôpital Cochin (Paris) a publié, ce 17 décembre, une étude sur l’AHA, dont le quotidien Le Monde se fait l’écho. 

 

Première constatation: « 60% des soignants ont un ‘bon ressenti’  » des pratiques médicales « contre 40% du côté des parents« . Mais le CEC attire l’attention sur le risque de « symbole d’abandon parental – lié à l’idée de laisser l’enfant mourir de faim – que peut réprésenter la mesure pour les parents« .
Deuxième constatation: l’hôpital Cochin a distingué trois pratiques de mise en oeuvre de l’AHA après avoir consulté médecins, soignants et parents. 
– modèle n°1: « le corps médical laisse la nature décider« . Selon la juriste Laurence Brunet, cela consiste à tout enlever « mais on propose un biberon à l’enfant avec insistance. S’il arrive à s’en saisir, il sera nourri et survivra« . Un modèle que les médecins nomment « projet de vie« . 
– modèle n°3, à l’opposé du modèle n°1: « l’idée est daccompagner l’enfant vers la mort« . Comment? « L’AHA est associé à une sédation, pour que l’enfant ne soufffre pas. Il n’est plus vraiment conscient« . Pour L. Brunet « on n’est pas dans l’injection létale mais l’intention est assumée« . 
– modèle n°2: un modèle situé entre les modèle 1 et 3, le plus répandu et à la suite duquel le nouveau-né vivrait en moyenne une semaine: « il n’y a pas d’aide active à la mort en plus de l’AHA, on va juste soulager la douleur de l’enfant« .
 

<p> Le Monde (Paul Giudici) 18/12/2013</p>

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