Fécondation in vitro : un marché prospère

Publié le : 11 octobre 2010

Le Pr. Jacques Testart, acteur majeur dans la conception du premier bébé-éprouvette français, dénonce le "business" de la fécondation in vitro tel qu’il se développe dans les cas où la stérilité du couple est due à une infertilité masculine. Si la fécondation in vitro fut inventée pour pallier les stérilités féminines, elle concerne aujourd’hui des problèmes masculins dans 2 cas sur 3 car "même quand le sperme est déficient, on peut très souvent trouver un spermatozoïde à injecter directement dans l’ovule (technique de l’ICSI)". Il convient alors de faire miroiter sans cesse des innovations techniques afin de soutenir la motivation des couples. C’est le cas de l’IMSI, une nouvelle technique d’ICSI qui permet de sélectionner un spermatozoïde sans défaut avant de l’injecter dans l’ovocyte. Un "super-microscope" permet de détecter les vacuoles (défauts) présents dans la tête des gamètes.

L’expérimentation de cette technique est menée en France, où le terrain semble être particulièrement favorable : les actes biomédicaux nécessaires à la FIV étant tous remboursés, le coût du supplément "IMSI" de 200 euros est accessible à tous les patients. Pourtant, des biologistes japonais viennent de démontrer que l’IMSI n’a aucun intérêt sauf "pour le marché des microscopes, la concurrence entre les équipes et la "confiance en la médecine" des patients". Jacques Testart s’interroge donc : "On peut se demander pourquoi l’autorité régulatrice (Agence de la biomédecine) n’exige pas une démonstration de l’avantage, et aussi de l’innocuité, pour cette technique expérimentale qui, logiquement, va se répandre tant il est difficile pour une équipe de ne pas adopter une innovation utilisée par le voisin…et déjà réclamée par des patients anxieux…"

Il note que la France avait déjà été terrain d’expérimentation d’AMP il y a 20 ans quand plusieurs multinationales pharmaceutiques avaient lancé des molécules à des prix exhorbitants et remboursées par la Sécurité sociale. Ces produits s’imposèrent ensuite pour la programmation des actes de FIV. Et Jacques Testart de conclure : "les marchés prospèrent !"

Jacques.testart.free.fr 23/09/10 – La Décroissance 11/10

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