Etats-Unis, une croissance démographique en déclin ?

Publié le : 16 avril 2020

Forte fécondité, faible mortalité, mouvements migratoires importants, « entre 1950 et 2019, la population américaine a donc été multipliée par plus de 2 ». En France sur la même période, « la population française ne s’est accrue que de 50 % ». De 3,7 enfants par femme aux Etats-Unis en 1957, la fécondité est restée fixée à 2 pendant près de vingt ans à partir de 1990, alors qu’en Europe, « seules l’Islande, l’Irlande et la Suède atteignaient encore 2,1 enfants par femme » cette année-là et qu’aucun pays européen n’a dépassé ce seuil depuis 1995.

 

Dans le même temps, avec la révolution dans les soins cardiaques, l’espérance de vie a augmenté. Aux Etats-Unis, la croissance naturelle de la population américaine est « supérieure à celle de l’Europe : entre 2018 et 2019, le taux a été de 3 ‰ aux États-Unis contre 2,0 ‰ dans l’Europe des 28 (2,1 ‰ en France) ».

 

En 2007, cependant, l’indice conjoncturel de fécondité passe « sous le seuil de remplacement des générations ». Il décroît régulièrement « pour atteindre 1,73 enfant par femme en 2018 ». En France, cette même année, il est de 1,9. En cause aux Etats-Unis, le recul de la fécondité des adolescentes lié davantage au « recours accru à la contraception (préservatif masculin essentiellement) »,  et « au recul de l’âge au premier rapport sexuel, plutôt qu’à un meilleur accès à l’avortement » (cf. Etats-Unis : fécondité et avortement en baisse). Depuis 2010 en effet, la législation en matière d’avortement a été plus restrictive.

 

La mortalité quant à elle a rapidement augmenté « sous l’effet de l’arrivée des générations nombreuses de l’après-guerre aux âges de forte mortalité mais aussi du fait de la dégradation des conditions sanitaires ». A partir de 2014, la mortalité a commencé à concerner des « adultes d’âge actif » particulièrement des hommes âgés de 20 à 40 ans dont l’augmentation est notamment due à une hausse des morts violentes chez les jeunes adultes. La toxicomanie, en augmentation progressive depuis les années 1980, est imputable aux « campagnes agressives de marketing menées auprès des médecins par l’industrie pharmaceutique » (cf. Crise des opioïdes aux USA : les labos « dealent » leurs antalgiques ). Elle est « responsable pour moitié de l’augmentation de la mortalité depuis 2014 ». C’est à ce jour « la principale préoccupation des autorités sanitaires du pays ». A cette cause majeure s’ajoutent le « ralentissement des progrès de la lutte contre les maladies cardiovasculaires, première cause de décès aux États-Unis » ainsi que « prévalence croissante de l’obésité et du diabète » chez les 25-60 ans.

 

Si le taux de mortalité semble être stabilisé sur les années 2018, 2019 (cf. Aux Etats-Unis, l’espérance de vie augmente en 2018 pour la première année depuis 4 ans ), les projections du Bureau du recensement américain (Census Bureau) tablent sur la croissance de la population dans les années à venir mais « considérablement » ralentie.

                                                                                                                           

Pour aller plus loin :

Aux USA, les décès par overdose alimentent 17,6 % des transplantations d’organes

<p>Vie Publique, Magali Barbieri (15/04/2020)</p>

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