Essure : l’implant relâche de l’étain dans le corps des femmes

Publié le : 3 février 2020

Les résultats des analyses menées sur 25 patientes par le laboratoire lyonnais Minapath confirment que dans plus de 90% des cas, le dispositif contraceptif Essure relâche de l’étain dans le corps de la femme. Des résultats qui confirment l’analyse réalisée au printemps 2019 par le chercheur de l’ENS Vincent Balter (CNRS) qui révélait une corrosion de l’implant au niveau de la soudure, là où la présence d’étain est la plus importante.

 

Ces résultats suscitent de nouvelles inquiétudes notamment parce que « si l’étain en lui-même n’est pas très dangereux, il peut aussi se transformer en organo-étain, un composé toxique que l’on retrouve dans certains insecticides ».

 

Aussi, de plus amples investigations doivent être menées pour « repérer ces nanoparticules et surtout identifier leur nature ». L’objectif final est de « comprendre pourquoi des femmes implantées avec le dispositif de contraception définitive Essure souffrent de maux inexpliqués (asthénie, troubles musculo-squelettiques, de la mémoire,…) ».

 

En 2004, une étude menée par le fabricant Conceptus deux ans après que le dispositif Essure ait reçu son autorisation de mise sur le marché (AMM), avait déjà mis en évidence cette corrosion. Pourtant, « l’AMM n’a pas été remise en question et, en 2013, la Haute autorité de santé (HAS) a même décidé de recommander la méthode Essure en première intention pour la stérilisation, devant la ligature des trompes ». Et en 2017, « le comité d’évaluation mis en place par l’Agence du médicament estimait que la petitesse de l’implant (45,5 mg) et l’absence de friction rendaient ‘très peu probable un relargage massif des métaux qui le constituent’ ».

 

Aujourd’hui, l’interrogation porte sur la quantité de métal présente dans le corps des patientes ; sur sa nature, ainsi que sur le lien de causalité entre sa présence et les troubles de santé observés. « C’est inquiétant du point de vue de la santé publique », estime l’avocat lyonnais qui représente une trentaine de patientes. Ces recherches intéressent vivement les avocats américains, qui représentent 5 000 patientes dans une procédure collective contre le laboratoire Bayer qui a commercialisé ces implants.

 

Pour aller plus loin :

Implants contraceptifs Essure : l’ouverture d’une enquête pénale réclamée

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<p><span style="margin: 0px;font-size: 9pt">Le Dauphiné, Sylvie Montaron (03/02/2020)</span></p> <p> </p>

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