Essure : de nouveaux travaux confirment le rôle de l’étain

Publié le : 23 décembre 2020

Des travaux, divulgués le 22 décembre mais en attente de publication dans une revue scientifique, accusent l’étain contenu dans les implants Essure d’être « la source des effets secondaires rapportés par de nombreuses femmes ». Ces implants de stérilisation sont « au centre d’une vive controverse » et ont été retirés du marché suite à la déclaration de nombreux effets « douloureux et invalidants »[1] (cf. Contraceptif Essure : le bilan est lourd).

Les nouveaux travaux menés par des chercheurs et des médecins[2] confirment des observations déjà parues : « La soudure à l’étain de l’implant, défaillante, serait à l’origine d’une grande part des effets secondaires observés » (cf. Essure : l’implant relâche de l’étain dans le corps des femmes). « Nous formons l’hypothèse que l’étain de la soudure ne provoque pas seulement des effets locaux, mais qu’il se transforme dans l’organisme en organo-étain dont on connaît les effets neurotoxiques, notamment », expliquent les auteurs. Les dosages sanguins d’étain chez des femmes ayant utilisé l’implant devraient permettre de le confirmer, mais peu de laboratoires sont équipés pour le faire.

Toutefois, des documents confidentiels fournis par le fabricant d’Essure aux autorités sanitaires révèleraient que « la soudure de l’implant perd jusqu’à 27 microgrammes (µg) d’étain par jour, susceptibles de se retrouver dans l’organisme ». Un chiffre qui n’a pas alerté les régulateurs (cf. Essure® : la santé des femmes face à l’industrie pharmaceutique).

Enfin, les analyses effectuées avec ces nouveaux travaux montrent que « dans la majorité des cas », l’inflammation « ne se limite pas aux trompes mais se propage jusqu’à la paroi de l’utérus ». Pour le docteur Vincent, co-auteur des travaux, il ne faut donc pas « se limiter au retrait des trompes de Fallope dans les procédures d’explantation, mais il faut procéder à une hystérectomie [un acte chirurgical consistant à retirer l’utérus] complète ».

[1] « Sur un million d’Essure implantés dans le monde, environ 200 000 l’ont été en France ».

[2] Analyse de tissus prélevés sur 18 femmes ayant subi un retrait chirurgical de leur implant.

Source : Le Monde, Stéphane Foucart (22/12/2020) – Photo Pixabay DR

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