ESPRIT spécial médecine prédictive – 4/5 – quand la démocratisation conduit à la discrimation

Publié le : 18 juillet 2014

Le numéro de juillet de la revue ESPRIT est consacré aux  » spéculations sur la génétique « . Gènéthique passe en revue ce dossier dense et pointu au fil de la semaine à travers les synthèses de 5 articles qui le composent, le sixième ayant déjà été évoqué (Cf. Synthèse de presse Gènéthique du 3 juillet 2014). Aujourd’hui : quelles assurances face aux nouveaux risques ?

Respectivement professeur et chercheur entre autres à la Toulouse School of Economics, David Bardey et Philippe De Donder s’intéressent à une conséquence insidieuse de l’apparition et du développement des tests génétiques : leur impact sur les assurances santé.

Ainsi, les auteurs comparent les différentes régulations légales en cours dans le monde. S’il apparaît aisément qu’un système de  » laisser-aller  » ouvre la porte à la  » discrimination  » des assurés dont les tests génétiques révèleraient un risque potentiel, ils démontrent de façon plus surprenante qu’un système inverse s’avère néfaste également pour l’ensemble des assurés.

Discrimination » Si une régulation ne les en empêche pas, les assureurs peuvent augmenter le montant des primes d’assurance des individus dont les résultats des tests les placent dans des catégories à risque, voire de refuser de les assurer « .  

Anti-sélection.  » Empêcher les compagnies d’assurance d’accéder aux données issues de tests génétiques renforce une autre forme d’inefficacité (…) : les contrats que les assureurs offrent en présence d’anti sélection ont tous en commun d’être moins favorables, en moyenne, aux assurés « .

Les auteurs tempèrent :  » les tests génétiques ne font pas encore l’objet d’un recours massif « .  Ils soulignent ainsi que, selon le taux de recours à des tests dans la population, son taux de démocratisation en somme, le type de régulation doit être adapté afin de rester optimal, cherchant l’équilibre entre les deux conséquences  » néfastes  » citées.  

Enfin, Bardey et Philippe De Donder s’étonnent que les données médicales familiales soient si largement utilisées par les assureurs, même dans les pays comme la France où la régulation sur les tests génétiques est très stricte.

<p>ESPRIT (David Bardey et Philippe De Donder) Juillet 2014</p>

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