Espagne : vers une révision de la loi autorisant l’avortement pour malformation du fœtus ?

Publié le : 24 juillet 2012

Dans une interview accordée au journal espagnol La Razón, le ministre de la Justice espagnole, Alberto Ruiz-Gallardón, a annoncé qu’il compte exclure « la possibilité d’avorter lorsqu’est diagnostiquée une malformation du fœtus« .  Il a précisé comme « éthiquement inconcevable » d’avoir vécu « autant de temps » avec une telle législation sur l’avortement. Ainsi, Alberto Ruiz-Gallardón prévoit qu’ « avant la fin de l’année, un projet de loi sera rédigé pour réformer la loi sur l’avortement ».

Actuellement, la législation espagnole autorise l’avortement jusqu’à 14 semaines, et 22 semaines en cas de risque pour la vie ou la santé de la mère, ou si le fœtus présente de graves anomalies. En outre, la décision d’avorter peut être prise à partir de 16 ans.

Selon le journal La Razón, ces cinq dernières années, en Espagne, « le dépistage prénatal effectué sur toutes les femmes enceintes a provoqué une augmentation des cas d’interruptions de grossesses » pour malformation du fœtus. Si en 2009 le nombre d’interruptions de grossesses était de 2901, il a en 2010 été porté à 3361. Le journal précise que « si le chiffre peut paraître faible« , ce serait en réalité « plus de 90% des fœtus diagnostiqués avec le syndrome de down [ndlr : trisomie 21] qui seraient ‘éliminés’ « .

Suite à cette annonce, et alors que le secrétaire général du PSM (parti socialiste espagnol), accuse le ministre de la Justice de « vouloir réduire le droit des femmes à décider de leur grossesse et à imposer son idéologie à l’ensemble de la société« , l’association espagnole « Derecho a Vivir » parle de « progrès historique« . Le journal La Razón précise en outre que, pour les associations de personnes handicapées, ce « changement légal représente une importante avancée« .  
 

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