Eric Salobir : « Nous sommes produits par nos produits »

Publié le : 12 janvier 2021

« Les technologies que nous développons nous transforment en retour, quand nous les utilisons, et façonnent notre société. Nous sommes produits par nos produits. » Dans un entretien pour le journal le Figaro, Eric Salobir, dominicain qui « côtoie au quotidien les géants de la tech, au cœur de la Silicon Valley », explique essayer de « perpétuer ce dialogue entre science et foi, technologies et humanités ». Un dialogue « si nécessaire aujourd’hui », associé à « une analyse attentive de l’impact des technologies numériques sur le monde qui nous entoure comme sur nos propres comportements et sur notre « vivre-ensemble«  ».

« Nous avons surtout utilisé [la] puissance [des technologies comme l’intelligence artificielle] pour réduire les coûts et augmenter les profits », estime Eric Salobir. Mais « la pandémie et le confinement ont montré [la] fragilité [du système], au détriment des plus démunis ». Une crise qui est « une opportunité de repenser notre usage des technologies, pour qu’elles nous offrent plus de flexibilité et ne fassent pas de l’humain la variable d’ajustement ».

« Il est intéressant de constater que, lorsque l’humain crée, ou imagine créer un autre être, il ne le fait pas libre, à son image, mais esclave », déclare Eric Salobir qui rappelle que « le robot est étymologiquement un travailleur servile ». « Ou peut-être est-il un peu à notre image, nous qui rendons si facilement les armes face à qui nous propose de décider à notre place. À nous de prendre nos vies en main pour en garder le contrôle. » Il ajoute : et même si « la prise de pouvoir par les robots n’est pas pour demain », « il faut se demander : de qui sont-ils les esclaves ? Car ceux-là sont peut-être aussi nos maîtres ».

Source : Le Figaro, Paul Sugy (11/01/2021)

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